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La note de moka en parfumerie nous renvoie de prime abord à des accords gourmands et torréfiés de café, de cacao avec une pointe de lait fouetté. Des saveurs de pâtisseries ou de boissons régressives.

Mais d’où vient le terme Moka ? Comment cette note est-elle utilisée dans les parfums et quelles facettes sont mises en avant?

Le moka, un café d’origine

Le café Moka est la variété issue du caféier à l’origine du café Arabica en Éthiopie. Il pousse sur les hauts plateaux, puisque les caféiers sont cultivés en altitude entre 1500 et 2200 mètres dans cette région. Cette culture particulière lui confère un goût unique, riche et fruité.

Son nom fait également référence au port de Mocha au Yémen, plaque tournante du commerce du café depuis le XVIIIe siècle.. 

Dans l’inconscient collectif, l’Éthiopie se référant à la notion de café d’excellence, le café Moka est considéré comme étant un café de qualité supérieure et riche en goût.

Les cultures sont réparties dans 4 régions du pays : Sidamo, Kaffa, Wallaga, Harrar.

Dans ces régions, des centaines de milliers d’hectares sont dédiés à la culture du café. Selon l’origine et le terroir des grains de café, les caractéristiques du café varient légèrement.

Par ailleurs, la « crème moka » est une liqueur créée à partir de la distillation des grains de café, une liqueur utilisée tant dans des boissons que dans des pâtisseries du même nom.

Le moka en parfumerie

Le café dans les parfums

Le café est l’une des notes les plus difficiles à reproduire en parfumerie, puisque de nombreuses molécules sont responsables de l’odeur, et que personne ne boit son café de la même façon : expresso, filtre, soluble, turc… 

Le goût varie aussi en fonction du terroir du café : fruité, acide, corsé…, et la perception de ses arômes est également très variable : grillé, torréfié, fumé, gourmand, légèrement épicé, chocolaté.

L’absolu café s’obtient par extraction aux solvants volatils des grains du caféier torréfiés. On le trouve dans les parfums cuirés, tabac, vanillés et chyprés. 

La note moka

Contrairement à l’accord café qui est généralement une note de café avec des facettes franches, parfois amères, l’accord moka désignera une note café plus douce, vraisemblablement avec des facettes légèrement cacaotées voire noisette. Il n’y a aucune règle définie en soi. 

En parfumerie, évoquer la note ou l’accord moka, sous entend un « accord café /cacao /crème ». 

Si la marque veut créer un parfum à base de café Moka d’Ethiopie, cela est expressément précisé lors du briefing avec le parfumeur.

Dans tous les cas un accord café/moka sera reproduit en laboratoire par le parfumeur. 

Le gâteau moka serait à l’origine de la note moka

Selon l’histoire, la note moka fait référence au gâteau moka, une pâtisserie créée au 17eme siècle à Paris, avec une base de génoise et une crème au beurre agrémentée d’essence de café. Cela donne un accord café crémeux, cacaoté, parfois avec une pointe d’amande torréfiée. 

Moka c’est aussi l’appellation d’une boisson chaude à base de café, de lait, de cacao, de crème fouettée et parfois de copeaux de chocolat en plus. Cette boisson réconfortante  est appréciée pour ses effluves gourmands et lactés, avec cette petite pointe d’amertume issue du café, aussi connue sous le nom de Mocaccino.

La note Moka, un néo-gourmand

En parfumerie, l’accord moka évoque plus souvent la douceur réconfortante d’un moccacino.

Pendant longtemps, la notion de gourmandise en parfumerie était synonyme d’accords sucrés, fruités, vanillés, miellés et collants. Cette tendance se modifie doucement depuis quelques années et le gourmand tend à être moins régressif, moins sucré, pour être plus crémeux, plus douillet et cocooning. 

La note café  regroupe toutes les facettes idéales à cette nouvelle façon de consommer le parfum rendant la fragrance sensuelle et chaleureuse tout en étant addictive. La note de café torréfié donne du corps, une singularité tendant vers une légère amertume assumée. C’est caractériel, parfois même désinvolte. Cette note de café est souvent utilisée avec des matières premières imposantes, autant de la rose que de la fève de tonka par exemple.

D’abord utilisé pour les parfums masculins, la note café est désormais associée avec des notes gourmandes comme la vanille, l’amande, le caramel, ainsi que des notes lactées de crème fouettée qui lui confèrent cette facette moka, mais aussi de bois de santal ou même de tubéreuse pour donner un autre type de  rondeur et un côté délectable et généreux. 

Quelques exemples de parfums aux notes café et moka…

La note café a d’abord été réservée aux fragrances masculines,  dans des parfums ambrés comme Valentino Uomo, mêlant café et cuir,  A-men de Mugler  (par Jacques Huclier) affichant en overdose une note mochaccino,  ou encore Yohji Homme de Yamamoto (par Olivier Pescheux.).

Puis l’accord café s’est asexué avec des notes plus douces, lactées, chocolat, cannelle, caramel ou marron glacé, le  moka au sens dessert du terme. L’amertume fait place à la douceur veloutée,comme pour vous envelopper de chaleur rassurante et addictive.

On pense à un Moka Michallef (par Martine Micallef)  avec ici un café liégeois saupoudré de cacao et de caramel. 

Dans Noir exquis de l’Artisan Parfumeur (par Bertrand Duchaufour), le café s’enveloppe de fleur d’oranger, de  sirop d’érable et de marron glacé .

Pour Café Cabanel (par Cécile Zarokian), Teo Cabanel nous invite à un cappucino sensuel et envoûtant, où le café  s’imbibe de vanille, caramel, santal et  tonka. 

Avec sa Coffee break collection, Xerjoff nous entraîne dans les méandres du commerce du café international : Golden Dallah, le plus gourmand mêlant cacao, noisette et tonka à la rose et au oud.  Golden Moka oú le café s’entoure d’agrumes et d’encens,  et Golden green célébrant le grain de café cru pas encore torréfié .

Hugo Boss the Scent Private accord (par Bruno Jovanovic) , lui,  habille son accord moka de gingembre et d’absolu de cacao. 

Bien sûr, on ne peut pas oublier le blockbuster, Black Opium de Saint Laurent (par Nathalie Lorson)  et son shot de café fruité fleuri hyper addictif..

Vanille Café de Comptoir Sud Pacifique (par Vanina Muracciole) nous amène au Costa Rica pour un voyage dans les champs de caféiers, avec des notes d’amande verte et une sensation d’odeur de grain de café fraîchement moulu. Puis rapidement la vanille douce, gourmande et le benjoin suave donnent un accord ambré, sensuel et langoureux.

Pour Mumbai Noise de Byredo (Jérôme Epinette) c’est une odeur relaxante de davana épicée et herbacée qui s’accompagne d’un café tonka fumé et gourmand et d’un bois de santal crémeux et velouté. 

Et pour ceux qui préfèrent rester sur l’amertume et la puissance d’un café corsé, on trouve  dans deux registres différents : l’Eau Corsée de  la collection Do not drink de Sephora (par Maia Lernout), où le café fraîchement torréfié se poudre d’iris.  Et Akro  la marque du parfumeur Olivier Cresp qui revisite le grain de folie du café, avec Awake, véritable concentré d’énergie  mêlant cardamone, citron et vetiver. 

Souvent associés aux fragrances d’hiver, les parfums aux accords de  moka nous enveloppent sensuellement. C’est chaleureux, souvent puissant et encore peu commun ! Alors, prêt à se démarquer en portant un parfum singulier et addictif ?

Vous pouvez retrouver ces références dans notre vidéo quiz qui traitait ce sujet !

Les nez électroniques sont de plus en plus présents dans l’industrie du 21ème siècle. Des avancées majeures dans le monde de l’intelligence artificielle permettent aujourd’hui d’utiliser les nez électroniques dans le domaine de la santé, de la sécurité, de la beauté. Comment fonctionnent ces machines intelligentes ? Comment sont-elles utilisées dans la parfumerie moderne ? Les parfumeurs seront-ils, à terme, remplacés par des nez électroniques ? Master Parfums vous dit tout !

Le nez électronique, une machine futuriste ?

Qu’est ce qu’un nez électronique ?

Prototype de nez électronique, Département analytique de la Faculté de chimie GUT Gdansk

Le nez électronique est un système biomimétique conçu pour imiter la fonction du système olfactif humain. Un nez électronique est un appareil utilisé pour détecter et analyser les odeurs et les goûts, en supplément, ou en remplacement de l’odorat d’un humain ou d’un chien auxiliaire  (par exemple pour la détection de drogues ou d’explosifs).

Depuis le début des années 2010, la technologie des capteurs électroniques a connu des évolutions majeures, tant d’un point de vue technique que commercial. L’expression anglaise « electronic sensing » (capteurs électroniques) fait référence à la capacité de reproduire les sens humains grâce à un ensemble de capteurs et de systèmes de reconnaissance.

Fonctionnement d’un nez électronique

Le nez électronique imite le processus par lequel les humains reconnaissent les odeurs. Une fois inhalées, les molécules odorantes se fixent sur un capteur, un peu comme des récepteurs olfactifs qui analysent les empreintes chimiques. Cette information est dans un premier temps codée comme référence unique. Puis ce code est envoyé dans une base de données pour un traitement analytique. 

L’architecture d’un nez électronique dépend de l’utilisation qui en sera faite et les raisons pour lesquelles il est conçu. De manière générale, il est créé avec un système de capteur d’aspiration ou d’inhalation de gaz, et un sous-système analytique et de traitement de l’information via des algorithmes.

En pratique, la plupart de ces algorithmes fonctionnent en comparant des descriptions de nouvelles données avec des descriptions d’échantillons précédemment évalués. Cette fonctionnalité nécessite une phase d’apprentissage, avant la phase de développement.

A l’issue de cette phase d’apprentissage, il sera possible de classer et répertorier correctement la plupart des odeurs qui seront présentées.

Ces nez sont largement utilisés dans les domaines de l’agroalimentaire pour vérifier la fraîcheur des aliments, de la défense pour détecter des explosifs par exemple, dans les domaines de l’environnement pour reconnaître d’éventuels polluants, et de plus en plus en médecine grâce à un procédé qui analyse l’haleine des patients à la recherche d’éventuelles maladies. Depuis quelques années, ils sont également utilisés dans le monde de la parfumerie.

Le nez électronique en parfumerie

Jusqu’à présent, la création de parfums était encore très artisanale. Comment le nez électronique est-il utilisé en parfumerie, va-t-il à terme supplanter les humains ?

Le nez électronique 

Évidemment, toutes les qualités techniques dont un humain dispose, sont disponibles via la machine. Il y a quelques années, un APA (Assistant Parfumeur Augmenté) nommé Philyra est né.

IBM Research a mené une étude en collectant des données concernant les goûts des consommateurs sur la base de plusieurs mesures. Composé de près de 2 millions de formules de parfums, l’algorithme peut créer des fragrances basées sur les réussites passées.

Richard Goodwin, chercheur IBM, disait : « Ce système se comporte comme un apprenti, de la même manière qu’un humain apprendrait d’un maître quelles combinaisons d’ingrédients fonctionnent, la machine apprend à créer en se basant sur les formules qui marchent le mieux. »

Les algorithmes sont d’importants accélérateurs d’innovation, et l’industrie du parfum en a besoin pour faire évoluer ses offres. Les consommateurs veulent être séduits par de la nouveauté inventive et créative.

Un parfum entièrement fabriqué par intelligence artificielle est-il possible ? 

Oui, techniquement c’est réalisable, mais le nez électronique n’est pas conçu pour remplacer les parfumeurs et leurs évaluateurs La composition finale sera validée par le professionnel. 

Les nez électroniques sont une aide à cet égard, un moyen de gagner du temps et de l’énergie à bon escient. Certains nez électroniques ultra performants ont une odorothèque de 99000 molécules. (Le nez humain serait capable d’en déchiffrer 1000 milliards !)

Mais d’un point de vue émotionnel, il ne remplace pas l’évaluation hédonique et subjective propre aux humains. Contrairement au nez humain, le nez électronique peut se rappeler précisément de chaque molécule odorante pendant des mois ou des années. Notre mémoire olfactive n’est pas aussi performante.

Pour Claire Viola, vice-présidente de la stratégie digitale chez Symrise : « La création aura toujours besoin de l’homme car les fragrances s’élaborent à partir d’émotions, d’intuitions. Il faut plutôt considérer l’intelligence artificielle comme un assistant parfumeur, un outil au service d’un professionnel “augmenté”. »

L’objectif de l’utilisation d’un nez électronique est de pouvoir proposer d’autres formulations viables, et d’utiliser de nouvelles matières premières, tout en étant supervisées et validées par un maître-parfumeur.

L’intérêt de l’intelligence artificielle, serait donc de proposer un autre point de vue et d’engendrer l’utilisation d’ingrédients nouveaux. L’IA peut alors offrir de formidables opportunités, à condition que l’aspect émotionnel soit respecté.

Le légendaire parfum Opium d’Yves Saint Laurent résonne comme une ode à l’émancipation de la femme de la fin des années 70 et annonciateur d’une nouvelle génération de parfums pendant tout la décennie des années 80. Un parfum provoquant à l’image de son créateur.

Yves Saint Laurent, designer provocateur

Yves Saint Laurent en 1958

Né à Oran en Algérie en 1936, Yves Saint-Laurent s’intéresse assez vite à la couture. A 18 ans, il arrive à Paris pour prendre des cours de dessin à la Chambre Syndicale de la Haute Couture, où son talent le rend célèbre en seulement 3 mois. Christian Dior le remarque et le nomme modéliste. Après la mort de ce dernier, Saint Laurent poursuit le travail de son mentor, reprenant ainsi la direction de la Maison Dior.

 Génie incontesté, Yves Saint Laurent ouvre sa propre maison de couture en 1962 avec l’aide de son ami Pierre Bergé. Déterminé, le couturier vit alors l’apogée de ses premières heures et le nom Yves Saint Laurent devient un incontournable de la mode. 

Provocateur dans l’âme, il casse les codes et fait de son savoir-faire une expression artistique du féminisme en lançant une collection puisée dans l’univers vestimentaire des hommes. Le tailleur-pantalon donne dorénavant l’opportunité aux femmes de porter un pantalon au travail. La veste Saharienne, est détournée du vestiaire de la chasse pour en faire un indispensable de sa collection. Avant-gardiste, il ose faire du smoking un vêtement pour femme asseyant son aura dans le monde de la mode. 

Cependant dès la fin de l’année 1976, la presse parle de sa trop grande disparition des médias et les  magazines préparent déjà des rétrospectives à son sujet, comme s’il allait bientôt mourir. 

Mais M. Saint Laurent ne fait qu’écrire sa légende, et en réponse à cet acharnement, il lance avec un succès sans précédent ce jus narcotique au nom transgressif : Opium.

Opium d’Yves Saint Laurent

Contexte de sa sortie

En 1977, sous la direction artistique de Chantal Roos, Yves Saint Laurent propose une version modernisée des parfums orientaux délaissés depuis les années 40. Opium est un coup d’éclat olfactif et marketing prônant l’émancipation de la femme, affirmant de plus en plus sa féminité.

Le couturier souhaite créer une fragrance luxueuse et imagine un flacon à contre-courant de ce qui se faisait jusqu’alors. 

Pour le flacon, Pierre Dinand innove en glissant une flasque en verre dans un fourreau de plastique ambré,  inspiré des étuis inrô que les samouraïs utilisaient pour stocker les épices, les herbes médicinales et l’opium. Il l’orne d’un pompon de soie noire d’inspiration Napoléon III mis à l’honneur dans la collection d’Yves Saint Laurent du moment.

Étui inrô traditionnel

« C’était un objet complètement révolutionnaire, à mille lieues des bouteilles traditionnelles en verre« , »C’est une période où Yves Saint Laurent est vraiment dans l’expression la plus riche, la plus complète, la plus intense de son art« , note Yann Andrea (International Marketing Director YSL Fragrances 2010-2014)

Opium concrétise la fascination qu’Yves Saint Laurent a de l’orient. 

Vendu en moyenne 30% plus cher que ses concurrents, le parfum est un succès tel que les détaillants français se retrouvent en rupture de stock rapidement.  C’est le coup de force marketing visant à renforcer son prestige et son attractivité. 

En 1978, le slogan publicitaire est retravaillé pour le marché américain. « Opium, pour celles qui s’adonnent à Yves Saint Laurent » devient plus sage, certains diront trop prude « Opium, for those to whom Saint Laurent is a habit ». (« trad: Opium, pour celles pour qui Saint Laurent est une habitude »)

Opium est immédiatement remarqué faisant du parfum le début d’un mythe. En effet, La fête du lancement a lieu sur un bateau amarré dans le port de South Street à Manhattan. Précisément là où arrivaient les navires venant d’Asie chargés d’opium. Le message est provocateur, tout comme le couturier. 

Opium, l’oriental modernisé

« Si j’ai choisi Opium comme nom pour ce parfum, c’est que j’ai espéré intensément qu’il pouvait, à travers toutes ses puissances incandescentes, libérer les fluides divins, les ondes magnétiques, les accroche-cœurs et les charmes de la séduction qui font naître l’amour fou, le coup de foudre, l’extase fatale…« , écrit Yves Saint Laurent. Transgressif, il veut un parfum sensuel, hyper opulent, extravagant, provocateur, énigmatique et libérateur.

Olfactivement, Opium est largement inspiré de Youth-Dew (1953) d’Estée Lauder (par Joséphine Catapano) et des accords œillet-patchouli de Tabu (1932) de Dana (par Jean Carles). Sa tenue est excellente, Opium a ouvert la voie à une lignée de parfums sensuels et sophistiqués pour des femmes fatales et glamours, annonçant une industrie du parfum décomplexée et exubérante pendant plus d’une décennie.

D’ailleurs, Estée Lauder répondait à Yves Saint Laurent en 1978 (année du lancement américain d’Opium)  en créant Cinnabar (par Bernard Chant)…une version revisitée de Youth Dew,  très proche d’Opium.

Sous la direction artistique de Jean Amic, Jean-Louis Sieuzac,  Raymond Chaillan et Françoise Marin composent ce parfum dense et puissant mais qui garde une justesse tout au long de son évolution.

Il intègre la famille olfactive des orientaux, un ambré floral épicé puissant et capiteux.

Les notes olfactives d’Opium 

Un départ fruité de mandarine,  pêche et prune s’associe aux aldéhydes pour donner une certaine brillance et du volume à ce cœur opulent.

L’accord œillet piqué de clou de girofle est la star de cette composition. Saupoudré de cannelle, il s’entoure de rose, de jasmin et d’ylang ylang. Ces facettes florales épicées se lovent dans un fond ambré et mystérieux paré de myrrhe, patchouli, vanille, labdnadum, cèdre et santal.

C’est dense et envoûtant, addictif et enveloppant. Les muscs et le castoreum ensauvagent cette fragrance voluptueuse et sensuelle. 

C’est un parfum charnel avec beaucoup d’élégance. L’accord œillet-Patchouli est sublimé par un ensemble caractériel et imposant.

Cependant, les reformulations de la fragrance n’ont pas su garder l’essence même du parfum originel, le rendant plus lisse et conventionnel et peut être moins performant, moins provocateur.

Après Opium, l’histoire continue avec les rééditions

Pas moins de 25 flankers (réinterprétations) ont vu le jour depuis la création en 1977 d’Opium. 

Des déclinaisons sur la concentration du parfum en eau de toilette, eau de parfum, extrait ou élixir, mais également sur leurs compositions ont vu le jour, en voici quelques exemples : 

Notons également la création en 2016 de Black Opium près de 40 ans après la sortie d’Opium, par 4 parfumeurs Honorine Blanc, Marie Salamagne, Nathalie Lorson, Olivier Cresp, propulsé au rang de blockbuster commercial. 

Black Opium représente, selon la marque, la nouvelle génération d’Opium, provocatrice et rock & roll avec un style faussement décontracté puisque parfaitement maîtrisé. Se voulant rebelle et avant-gardiste à l’image du parfum Opium original, Black Opium dont l’addiction est insufflée par la note café,  est décrit comme magnétique et sulfureux.

Et vous, préférez-vous la version initiale d’Opium ou sa réinterprétation Black Opium collant aux standards modernes de ce qui représente l’exubérance ?

Visionnez notre vidéo Master Parfum sur la question du parfum Opium d’Yves Saint Laurent.

Références 

1. Les 111 parfums qu’il faut sentir avant de mourir, page 101. Y. Cervi

Dans  la catégorie des encens, la myrrhe et l’oliban sont les plus connus, tant pour leurs propriétés médicinales que pour toute la légende et les aspects religieux associés.

Mais d’où viennent ces morceaux de résines, et quelle importance ont-elles d’un point de vue spirituel ? Sont-elles utilisées partout dans le monde de la même façon ?

Dans notre jeu Master Parfums, une carte quizz est dédiée à ces résines si particulières. Aujourd’hui, nous creusons pour vous l’origine et les mystères de ces encens !

Myrrhe et Oliban, origines botaniques

L’oliban

La résine de l’oliban, que l’on appelle communément “encens”,  est tirée du Boswellia, un petit arbre que l’on trouve au  nord-est de l’Afrique ou sur la péninsule Arabique.  Elle est obtenue en taillant l’écorce de l’arbre permettant à la sève de couler. En séchant, elle devient blanchâtre et opaque, durcit devenant une gomme solide, un exsudat. C’est l’oliban, que l’on appelle aussi « Larmes de Somalie ».

L’oliban (Boswellia Serrata) est originaire d’Inde mais se trouve également au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Sa résine est utilisée depuis des milliers d’années en Inde, en Chine et dans divers pays d’Afrique pour ses bienfaits sur la santé et ses propriétés médicinales. 

La couleur de cette petite gomme aromatique varie selon la saison à laquelle elle est récoltée. Le boswellia incisé en été et récolté en automne donne la plus belle qualité d’encens. De couleur laiteuse, on l’appelle l’encens blanc, ou olibanum, par opposition à l’encens roux. 

L’oliban révèle des tonalités à la fois fraîches, aromatiques, rondes et chaudes, aux facettes balsamiques (résineuse, ambrée), minérales, et boisées sèches. Une matière particulièrement appréciée en parfumerie de niche.

La myrrhe

Arbre à myrrhe en Afrique

C’est principalement en Afrique de l’Est, et particulièrement en Somalie que l’on retrouve le Commiphora Myrrha, un arbre ne dépassant pas 3 mètres de haut d’où l’on tire la myrrhe

Son grand tronc torsadé est recouvert d’une écorce grise ou marron. Très ramifié, de petites feuilles et fleurs y poussent. Des boursouflures se forment sur le tronc, desquelles un suc résineux exsude naturellement. Puis au contact de l’air, il durcit pour créer des solidifications brunes rougeâtres, très odorantes : c’est cette gomme-oléo-résine aromatique que l’on appelle la myrrhe odorante.

Son parfum chaud et balsamique, fait de la myrrhe une matière première de choix dans les notes de fond des parfums orientaux. La myrrhe, gourmande et capiteuse, apporte un côté chaud, doux, sombre et sensuel au parfum.

Histoire et religions

Quels cadeaux les Rois Mages ont-ils offert ?

Mosaïque des Rois Mages dans La basilique de Saint Apollinaire le Neuf à Rome

Selon la tradition, les trois Mages sont venus d’Orient pour rendre hommage à l’enfant Jésus et lui offrir des cadeaux : de l’or, de l’oliban et de la myrrhe. Des présents fortement symboliques : 

Utilisation traditionnelle de la myrrhe et de l’oliban

L’utilisation traditionnelle de l’oliban était de brûler la résine lors de cérémonies religieuses, d’où le nom « encens indien ». Selon la tradition, la fumée de la résine induit un état propice à la prière, à la méditation et à l’expérience spirituelle. Aussi, la fumigation de l’encens est à l’origine du mot parfum, car la fumée montante permettait de communiquer avec les dieux, « Per Fumum »  (à travers la fumée) en latin.

Les Égyptiens utilisaient quotidiennement la myrrhe dans leurs rituels sacrés et pour embaumer leurs pharaons. Au combat, les soldats Grecs en emportaient toujours avec eux car ils savaient qu’il avait des propriétés antiseptiques et anti-inflammatoires. 

Propriétés médicinales, et utilisation dans le monde

L’oliban est un encens dit encens mâle ou encore encens pur. Il était à l’origine considéré comme un puissant anti-inflammatoire qui favorise également la tranquillité et le calme, ce qui peut permettre un sommeil de qualité, détendre le corps et l’esprit. Il purifie également l’atmosphère et élimine l’énergie négative. C’est pourquoi l’oliban est toujours utilisé comme encens par fumigation.

Aujourd’hui, il est souvent utilisé en huile essentielle autant qu’en fumigation et a également de nombreux autres avantages: antiseptique, il favorise la cicatrisation des plaies et stimule les systèmes immunitaires et nerveux. Il est antibactérien, assainit la bouche, soulage les douleurs musculaires ou l’arthrose et aide à lutter contre la dépression saisonnière.

Au Moyen-Orient, la myrrhe est utilisée en médecine traditionnelle arabo-islamique depuis des milliers d’années. Par exemple, elle est utilisée comme agent anti-inflammatoire et pour soulager la douleur des rhumatismes. Elle est préconisée  pour nettoyer les plaies et prévenir la progression de l’infection et de la gangrène lorsqu’une infection est déjà établie.

L’utilisation de la myrrhe en médecine traditionnelle continue également en Inde dans la médecine ayurvédique, notamment pour le traitement des aphtes, des gingivites et des pharyngites. 

En médecine traditionnelle chinoise, la myrrhe est souvent associée à d’autres herbes. Utilisées ensemble, elles traitent les traumatismes, et améliorent la circulation lors de douleurs menstruelles par exemple.

La myrrhe et l’oliban ont traversé le temps et les régions du monde, non seulement pour leurs propriétés médicinales reconnues à travers les siècles, mais également parce que les symboliques spirituelles et religieuses sont grandes, ayant un pouvoir mystique et une aura divine.

Myrrhe et Oliban, matières premières prisées en parfumerie

Par ailleurs, leur utilisation en parfumerie est de plus en plus complexe, et certains parfumeurs n’hésitent pas à les mettre à l’honneur.

Parfums connus avec de l’oliban

L’oliban est utilisée pour révéler ses tonalités boisées, aromatiques, balsamiques, minérales, épicées.

Parfum connus avec de la myrrhe

Son parfum chaud et balsamique fait de la myrrhe une matière première de choix dans les notes de fond des parfums orientaux. La myrrhe, gourmande et capiteuse, apporte un côté chaud, doux, sombre et sensuel au parfum.

De quoi perpétuer l’engouement pour ces résines encore longtemps !

Comme pour les produits de beauté, on se demande combien de temps il est possible de conserver notre parfum. Quels sont les facteurs qui rendent plus fragile nos parfums, et comment éviter que nos parfums ne s’altèrent avec le temps ? C’est ce que nous allons voir ici.

De quoi est constitué un parfum ?

Pour comprendre à quel point un parfum est un produit sensible, il faut comprendre comment et avec quoi il est fabriqué.

La fragilité du parfum réside tant dans la composition que dans son processus de fabrication.

Un parfumeur choisit les matières premières qui entreront dans la composition d’un parfum qui est en général constituée des trois éléments suivants :

En support, on trouve aussi parfois de l’eau et/ou de l’huile,

Notons que les parfums peuvent être fabriqués à partir de matières premières naturelles et/ou synthétiques (comme le musc blanc). 

Ces matières premières sont délicates et restent sensibles

Pour garder son parfum intact, quelques préconisations importantes sont à suivre.

Envie d’en savoir plus sur l’utilisation des matières premières en parfumerie ? Découvrez notre jeu de culture parfum Pocket Quiz, un jeu de culture générale ludique autour du parfum.

Les signes d’un parfum qui s’est altéré

Les parfums ont parfois une indication de limite à l’utilisation, comme ce que l’on trouve sur les boîtes de produits de beauté, et parfois cette information n’est pas notifiée. Quoiqu’il en soit, cela ne signifie pas qu’ils peuvent être conservés indéfiniment.

Quant au changement de couleur, ce n’est pas un signe de péremption. Lorsque la couleur du parfum change, il est tout à fait possible que ce soit le résultat d’une macération naturelle, d’une réaction chimique entre les différentes matières premières. Certaines s’ambrent ou foncent avec le temps, mais cela n’altère en rien la qualité du parfum.

Fiez-vous à votre odorat, si malgré un changement de couleur, l’odeur du parfum reste intacte, alors il n’y a aucune contre-indication pour l’utiliser. On fera malgré tout très attention de ne pas en vaporiser sur des vêtements clairs, ou délicats, au risque de les tâcher.

Autre point à prendre en considération : si une odeur puissante d’alcool (qui ferait penser au vinaigre par exemple) s’empare de vos narines, que le parfum renvoie une odeur âcre, irritante ; ou au contraire que le parfum n’est plus aussi odorant qu’à son origine, c’est un signe que le parfum s’est altéré.

Recommandations pour une conservation optimale

Il faut savoir que les fragrances dont la concentration est élevée résistent mieux au temps. Les extraits et les eaux de parfum, dont la concentration en notes de fond est prédominante, se conserveront mieux et plus longtemps que des eaux fraîches ou des eaux de toilettes composées essentiellement de notes plus volatiles et plus sensibles à l’oxydation.

On l’a vu, les molécules qui composent un parfum sont fragiles. Pour prolonger la durée de conservation, mieux vaut suivre ces quelques recommandations

Évitez la lumière directe 

On pourrait penser qu’il serait dommage de ne pas mettre en évidence le magnifique flacon de son parfum préféré sur une étagère, mais en réalité, il vaut mieux qu’il soit à l’abri de la lumière. En effet, exposer directement le parfum à un éclairage naturel ou artificiel (les lampes peuvent générer de la chaleur, autre ennemi du parfum) est l’un des motifs d’altération de la fragrance. Choisissez plutôt de le garder dans la mesure du possible dans sa boîte d’origine, ou dans un tiroir.

Attention aux variations de températures 

Contrairement aux idées reçues, il est déconseillé de conserver son parfum dans la salle de bain, un lieu souvent humide.

Un parfum ne gardera pas sa fraîcheur initiale avec des changements de températures trop fluctuantes. Le mieux est de le préserver à une température constante, dans une chambre loin de la fenêtre par exemple. 

Certains collectionneurs optent pour une cave fraîche et sèche pour stocker tous leurs trésors parfumés.On peut aussi opter pour le compartiment bas du réfrigérateur. 

Dans la boutique des Éditions de parfums Fréderic Malle, les parfums sont stockés sur des étagères dans un lieu réfrigéré. 

Bannissez les endroits humides : et le plus mauvais endroit reste la salle de bain ! Comme pour les variations de températures, l’humidité est à proscrire. Préférez une pièce que vous pourrez aérer à votre convenance, ou si c’est possible utilisez un déshumidificateur.

Évitez le contact prolongé avec l’air

Refermez bien le parfum avec son cabochon. Dans le cas où vous utiliseriez un flacon avec une fermeture  à vis, pratique lorsque l’on veut les remplir avec une recharge, il est impératif de bien refermer hermétiquement le flacon de parfum pour éviter que l’air ne vienne oxyder la fragrance et donc l’altérer. On ne secoue pas non plus le flacon avant de se parfumer, cela ne sert strictement à rien d’un point de vue olfactif, cependant l’air contenu dans le flacon peut dégrader plus rapidement le parfum.

Privilégiez un nettoyage fréquent

Les flacons roll-on ou de table avec une tige sont de plus confrontés à l’éventuelle contamination par bactéries lors de l’application directe sur la peau. Pensez à les nettoyer régulièrement avec de l’alcool.

En suivant ces préconisations, la conservation de vos parfums sera optimisée et vous pourrez les garder très longtemps !

Angel est devenu au fil des années un incontournable de la parfumerie moderne, un best seller envoûtant à l’origine d’une nouvelle lignée de catégorie olfactive.

Cependant, sa célébrité n’a pas été concrétisée immédiatement. Comment Thierry Mugler a su rendre Angel l’un des parfums les plus prisés au monde ? Qu’est ce qui rend Angel si addictif et si particulier ?

Qui est Thierry Mugler?

Thierry Mugler, né le 21 décembre 1948 et décédé le 23 janvier 2022, est un designer français qui a marqué le monde de la mode de multiples façons : styliste, couturier, metteur en scène, photographe et créateur de parfums. 

Enfant, il est rêveur et solitaire se perdant inlassablement dans ses pensées en regardant l’immensité du ciel étoilé… et une étoile en particulier, bleue, brillait à ses yeux plus que les autres et semblait l’appeler. A tel point qu’il en fera sa marque de fabrique, représentant les étoiles dans tous ses projets artistiques, et même en tatouant sur son corps la fameuse étoile Mugler si caractéristique.

Il rejoint à quatorze ans les ballets de l’opéra du Rhin après 5 ans de danse classique. Il garde de cette expérience, non seulement un talent développé pour l’expression corporelle, mais aussi le sens de l’esthétisme du corps qui voudra sans cesse mettre en avant.

Puis il suit des cours d’architecte d’intérieur à l’école des Arts décoratifs de Strasbourg, ce qui concrétise sa ferveur pour la mise en scène de ses shows fantastiques. 

Vient le moment où Thierry Mugler veut donner une dimension olfactive à son univers : l’eau de parfum Angel naît. 

Création du premier parfum Mugler

Une composition novatrice

Les ambitions de Thierry Mugler au début des années 1990 se sont traduites par la création d’un parfum, grâce à une célèbre formule totalement révolutionnaire et surprenante à l’époque. Il dira  « Je veux fabriquer une fragrance tellement délicieuse qu’on aura envie de la manger. ».  Un parfum qui va dérouter au départ, les consommateurs étant surpris par cette fragrance gourmande d’un genre nouveau ! Un succès qui a vu le jour grâce à une méthode marketing brillamment menée. 

En effet, il crée le Cercle Mugler, un programme de fidélité intégrant les clients dans le monde privilégié d’Angel. Un programme proposant des avantages et des cadeaux autour du parfum Angel au fil des achats, la fidélité est donc récompensée par des attentions réservées aux membres. Les clientes se sentant favorisées, chouchoutées et complètement sous le charme de cette nouvelle fragrance addictive en parlent autour d’elle…Le bouche-à-oreille fonctionne, et le succès s’impose enfin et inscrit Angel dans la liste très restreinte des parfums iconiques.

Cette fragrance gourmande, que l’on doit au grand parfumeur Olivier Cresp, est composée de notes sucrées et addictives, avec une base de vanille et de patchouli qui est une structure orientale classique, mais surtout d’un ingrédient jusqu’ici réservé au secteur des arômes alimentaires : de l’ethyl maltol. Un composé qui a un parfum particulier rappelant l’odeur des fêtes foraines avec de la praline, de la barbe à papa, du caramel, ce qui donnera cette particularité, cette singularité au parfum.

 Olivier Cresp à L’Express confiera : « J’ai passé deux heures à discuter avec Thierry Mugler. Il m’a parlé des goûters qu’il prenait chez sa grand-mère, des madeleines qu’il trempait dans son chocolat, puis des fêtes foraines et des barbes à papa. » 

Il aura fallu près de 600 essais au parfumeur pour parvenir à élaborer le parfum tel que Thierry Mugler en avait rêvé.

Ceci a complètement cassé les codes de l’époque et révolutionné l’industrie du parfum alors encore très classique, à tel point qu’une nouvelle catégorie olfactive voit le jour grâce à Angel : celle des parfums gourmands.

Angel, un parfum gourmand sensuel unique

Angel, un ambré gourmand

L’envolée est juteuse, une bouffée de fraîcheur d’agrume. C’est selon Mugler la facette céleste de la fragrance. 

Puis viennent rapidement des notes sucrées et fruitées portées par des accords miellées, lactées, régressifs, réconfortants. L’alliance de la praline, des fruits rouges et fruits de la passion rend l’ensemble gourmand, c’est la facette délicieuse. 

Enfin, en notes de fond, c’est un ballet de notes sensuelles, ambrées par la vanille et le caramel où se mêlent le cacao, le miel, l’héliotrope ainsi que du patchouli. C’est la facette volupté, donnant au parfum cette sensation de délice irrésistible. 

Une pyramide olfactive dense, complexe, qui met en avant les caractéristiques d’un parfum chaud, sucré, régressif, sensuel, mystérieux et enveloppant.

Un parfum puissant, reconnaissable entre mille comme la mode Mugler qui s’attache à donner à la femme l’âme d’une gagnante au cœur tendre.

Un doudou olfactif dans une époque en quête de réassurance, régressif, sexy sur une peau qu’on a envie de manger… et terriblement addictif. 

Un flacon en étoile iconique

Non seulement la composition de son parfum est particulièrement originale, mais son flacon est un bijou en soi, en forme d’étoile évidemment, fabriqué avec une technique innovante dans un verre épais. ​​3 années de recherches ont été nécessaires pour l’aboutissement à la création de ce flacon étoile iconique

L’avant-gardisme est poussé encore plus loin puisqu’il innove en créant un système de recharge appelé « Fontaine Mugler », qui consiste à lutter contre le gaspillage.

Ainsi, chaque propriétaire de parfum Angel peut remplir son flacon et participer d’une certaine manière à une responsabilité écologique, naturelle aujourd’hui, mais qui à l’époque présente Mugler comme un visionnaire.

Un parfum récompensé sur la scène internationale

Une communication particulièrement bien menée et des personnalités ayant collaboré avec Mugler pour présenter Angel rend le parfum encore plus désirable. Un immense succès qui se traduit par le classement d’Angel dans le top 3 des parfums les plus vendus en France, et ceci pendant plus de 20 ans. La fragrance s’est aussi distinguée par les prix reçus sur la scène internationale : 

Envie d’en savoir plus sur les parfums iconiques qui ont marqué la parfumerie française ? Découvrez notre jeu de culture générale parfum Pocket Quiz

D’après la vidéo Master Parfums

On a tous vécu un jour la sensation « de ne plus rien sentir » après avoir senti plusieurs parfums  ou lorsque l’on porte toujours la même fragrance. Notre nez, assailli de nombreuses odeurs sature. Ce phénomène est courant et on vous explique pourquoi !

Qu’est ce que la saturation olfactive ?

Petite explication du fonctionnement de notre odorat sur notre cerveau.

Les odeurs sont constituées d’un ensemble de molécules perceptibles seulement lorsqu’elles arrivent à notre nez.

Une personne peut normalement distinguer en moyenne 3000 odeurs différentes. Certains nez bien entraînés peuvent percevoir jusqu’à 10 000 nuances distinctes ! C’est le cas de la plupart des experts dans le domaine du parfum.

Comment le nez perçoit-il les odeurs ?

Les molécules des substances volatiles entrent par les narines, jusqu’au contact des cils olfactifs au fond de la cavité nasale. Ils captent l’odeur et la transforment en informations pour le cerveau qui reconnaîtra (ou pas) l’odeur.

Si nous l’avons déjà senti à travers nos associations olfactives passées, alors nous savons identifier et analyser cette odeur. Sinon, les informations seront temporairement stockées dans notre mémoire olfactive pour une utilisation future.

Il y a généralement moins de récepteurs que de molécules entrantes, donc certaines molécules nous « échappent », et par conséquent nous ne sentons pas certaines nuances de l’odeur. C’est pourquoi, par exemple, il est déconseillé de tester plusieurs parfums à la suite, au risque de voir notre odorat saturer assez vite.

Je ne sens plus mon propre parfum

On a tous eu au moins une fois dans sa vie cette sensation de ne plus du tout sentir son propre parfum, pourtant un parfum que l’on aime particulièrement, un parfum que l’on porte régulièrement.

Pour pallier cela, on surdose, sprayant allègrement partout sur notre corps ou nos vêtements, pour espérer le sentir plus, et plus longtemps…

Le résultat est souvent le même : on ne sent plus notre propre parfum !

Et la première chose qui nous viendrait en tête serait que le parfum se serait oxydé perdant ses notes les plus caractéristiques, et qu’il n’ait plus la performance de ses débuts…

Alors, il est tout à fait possible que le parfum n’ait pas une grosse projection et qu’il ne tienne pas longtemps simplement parce que sa composition olfactive correspond à des parfums dits légers, souvent des parfums verts ou hespéridés. Rien de grave en soi, puisque cela n’a rien à voir avec sa qualité ou une potentielle dégradation de la fragrance.

Qu’à cela ne tienne, on pourra se parfumer de nouveau en cours de journée si l’envie ou le besoin se fait ressentir.

En réalité, ce n’est pas le parfum qui a évolué, mais bien notre odorat et les informations de notre cerveau et plus précisément de notre mémoire olfactive. Une odeur qui devient commune, habituelle, et qui, par extension, est reconnue comme « naturelle » par notre mémoire, est donc inhibée pour permettre à notre cerveau de mieux se concentrer sur d’autres moins familières. 

Il s’agit du phénomène d’adaptation olfactive: naturellement, nous développons une accoutumance de notre propre odeur. Nos récepteurs olfactifs se saturent, et pour ne pas trop s’épuiser, ils décident de ne plus la sentir en l’inhibant afin de rester attentifs aux autres odeurs qui pourraient prévenir d’un danger. N’oublions pas que l’odorat est un sens primitif !

Cette capacité d’adaptation fonctionne d’ailleurs pour tous les sens: quelqu’un qui vit à côté d’une gare n’entend plus les trains. Quelqu’un qui a l’habitude de voir un tic chez une personne de son entourage ne le voit plus, quand on se met un bijou, il peut gêner quand on vient de le mettre et puis on s’habitue…

Comment remédier à un nez qui sature 

Alors comment faire pour pouvoir ressentir ce parfum qu’on aime tellement qu’il était devenu notre signature olfactive ? 

Pourquoi ne pas faire un break de temps en temps, changer de parfum ou ne pas vous parfumer  pendant quelques jours?

Pensez aussi à bien hydrater votre peau. Une peau hydratée est une promesse de meilleure diffusion du parfum. 

Lorsque vous vous parfumez, veillez à ne pas vaporiser sur la poitrine, le fameux triangle reliant le nez à la pointe des seins.  Cela risquerait de saturer votre nez. 

Choisissez plutôt des points de pulsation (poignet, derrière l’oreille, les genoux) qui dévoileront le parfum quand vous bougerez. Les épaules aussi.   

Vous pouvez parfumer vos vêtements plutôt que votre peau, ou bien vos cheveux (plutôt en vaporisant sur votre brosse).

Mais l’idéal pour échapper à l’accoutumance, reste de faire quelques infidélités à votre parfum. Vous le retrouverez avec grand plaisir.

Mythe et réalité : les grains de café

Lors de balades olfactives, en visite d’une parfumerie pour découvrir les nouveautés ou prévoir un cadeau par exemple, il nous arrive d’avoir une sensation de perte d’odorat, des maux de tête, la gorge sèche. Notre corps n’en peut plus et c’est un processus tout à fait normal.

Souvent, trop souvent, on nous propose de sentir des grains de café pour nous aider à mieux percevoir les parfums qui vont suivre. On nous explique que grâce à ces petits grains à l’odeur très caractéristique et reconnaissable, (plus ou moins frais), notre nez sera « nettoyé »…

Mais qu’en est-il vraiment ?

Cela ne servira que de leurre à notre cerveau en créant une « distraction » entre les différentes fragrances senties et cette « nouvelle odeur » certes sans alcool mais odeur quand même !

En réalité, cette odeur de café ne désature absolument pas nos récepteurs olfactifs.

Le seul pouvoir qu’elle aura, est simplement d’être ajoutée à la liste des odeurs humées en se combinant simplement avec d’autres parfums.

Résultat garanti : un nez épuisé, qui en aucun cas n’aura été épuré!

Que doit-on faire alors ?

La meilleure solution reste évidemment de respirer de l’air frais pendant quelques minutes et aussi souvent que vous en ressentirez le besoin. Cette technique permet une réelle remise à zéro des récepteurs olfactifs.

Dans le cas où la situation ne permet pas de sortir, le mieux est de sentir sa propre peau, dans le creux du coude par exemple, dénuée de tout parfum.

On l’a vu, l’odeur de sa propre peau est complètement neutre pour notre cerveau, la sentir aura également un effet d’annulation, un « reset » des récepteurs olfactifs.

PS : ne bouchez pas votre nez, ça ne servira à rien non plus.

Des « simples » … mais qu’est ce que c’est ?

Depuis l’antiquité, les « simples » sont les plantes utilisées pour leurs vertus médicinales. On leur attribuait des pouvoirs divins. 

Mais c’est au Moyen-âge, que s’organisent dans les couvents et les monastères ce qu’on appelle le jardin des simples.

Le jardin des simples comprend non seulement des plantes médicinales mais également un savant mélange bien ordonné, associées à des plantes aromatiques et condimentaires, qui ont également des vertus dites thérapeutiques.

Ces plantes étaient cultivées par des moines herboristes, qui avaient des connaissances aigues du monde de la pharmacopée, des plantes et leurs vertus médicinales. Le moine herboriste, qui avait étudié les propriétés de toutes ces plantes, était très respecté. Il était à la fois l’apothicaire et le médecin du village. Il prônait l’utilisation des plantes sous forme de poudre, de cataplasme, de tisane et autre décoction pour guérir et purifier. La croyance dans   des vertus protectrices et purificatrices des plantes aromatiques était telle qu’on les brûlait à l’entrée des villages pour éloigner les épidémies comme la peste. 

On appelait ces herbes aromatiques les « simples » pour signifier qu’avec une plante, utilisée seule, on pouvait soigner un mal spécifique.  

Par exemple, la mauve blanche était préconisée pour la toux. L’armoise pour les douleurs menstruelles. Le thym comme antiseptique.   La camomille pour apaiser, la menthe contre les maux de ventre etc..

On parlait de « médecines simples » par opposition aux « médecines composées », prescrivant de mélanger plusieurs plantes sous forme de potions ou d’élixirs.

A l’époque chaque couvent ou monastère avait sa recette secrète. Certaines sont encore utilisées de nos jours comme par exemple l’Eau de Mélisses des Carmes ou la Chartreuse.

La dimension spirituelle du jardin des simples

Jardin des simples de Milly La Forêt

Les plantes fascinent et soignent depuis toujours.

 Pendant longtemps, cette connaissance des propriétés thérapeutiques était chasse gardée des moines qui les utilisaient pour leurs pratiques de la médecine

C’est pourquoi, un « jardin des simples » s’organise de la même manière que dans un monastère ou dans un couvent : avec des espaces thématiques et géométriques, disposés en massifs réguliers, carrés ou rectangles, en buis taillés…

Entre les carrés, des chemins sont aménagés en croix (et ce n’est pas un hasard) pour le passage du jardinier et faciliter le drainage et l’irrigation.

Ces jardins devaient symboliser la perfection indissociable à Dieu. Les références au christianisme sont partout : le buis symbolise l’immortalité, un puits ou une fontaine au centre du jardin symbolise la résurrection, et parfois un banc permettait de s’adonner à la contemplation et à la méditation.

Les plantes aromatiques cultivées et leurs propriétés

On remarque facilement que la culture de ces plantes est revenue au devant de la scène du bien-être. 

En jardins privés ou communautaires, mais également sur les balcons, les français ont développé une appétence pour la création et l’entretien de carrés aromatiques depuis les multiples confinements dus à la pandémie récente. 

Evidemment, c’est devenu un passe temps plutôt qu’une culture à des fins médicinales, cependant, dans l’inconscient collectif, il est toujours bon d’entretenir un bout de nature chez soi, avec un point de vue religieux ou pas !

PlantesPropriétés
La lavandePour un meilleur sommeil
Le romarinStimulant et régulateur du foie
Le thyml’antiseptique contre les rhumes
La mélisseContre les troubles nerveux du sommeil
La saugeContre l’inconfort digestif

Découvrez notre vidéo complète sur le Jardin des Simples !

Les principes de l’aromathérapie

L’aromathérapie est l’utilisation de composés aromatiques, d’huiles essentielles, extraites de plantes, à des fins médicinales. On retrouve, entre autres, les plantes du jardin des simples.

L’aromathérapie est parfois utilisée comme médecine complémentaire ou alternative. Pratiquée à l’origine selon des méthodes traditionnelles, elle représente aujourd’hui une médecine non conventionnelle.

Pourtant, l’aromathérapie est efficace contre certaines infections, et les effets antibactériens et anti-infectieux des huiles essentielles sont aujourd’hui scientifiquement prouvés. Cependant, il est encore difficile d’étudier ses effets de façon claire et précise.

Et en parfumerie alors ?

On peut bien sûr mentionner la célèbre Eau de la reine de Hongrie offerte en 1378 par Charles Quint.   Véritable élixir de jouvence à base d’alcoolat de fleurs de Romarin, qui utilisé en frictions journalières redonna à cette femme de 72 ans sa jeunesse et sa beauté si bien que le roi de Pologne s’en épris et la demanda en mariage ! Réalité ou fiction inventée par un apothicaire malin… ?!

Dans le monde de la parfumerie moderne, les plantes des simples sont associées pour la plupart à la facette olfactive des « aromatiques ». 

C’est l’une des facettes olfactives les plus éloquentes puisque les parfums aromatiques sont composés de tous les aromates bien connus comme la sauge sclarée, les bouquets aromatiques composés de thym, du romarin, et bien entendu de la lavande.

D’un point de vue olfactif ce sont des sensations de fraicheur, de pureté, des senteurs croquantes, vertes, parfois vaporeuses ou encore camphrées, épicées. Certaines sont apaisantes, d’autres dynamisantes.

Pendant très longtemps, c’est le caractère viril qui a souvent été associé aux parfums aromatiques, dits masculins. En effet, la facette aromatique fut introduite en parfumerie dans les après-rasages pour les propriétés antiseptiques et apaisantes de ses ingrédients. C’est donc en toute logique qu’elle est devenue une base classique des parfums masculins. 

Elle est la facette dominante de la famille olfactive Fougère, archétype des parfums masculins depuis la fin du XIXès siècle.

On lui associe le plus souvent ces autres facettes :

Si vous voulez en savoir plus sur les grandes familles olfactives de la parfumerie, on vous recommande notre jeu de culture parfum Pocket Quiz !

Aujourd’hui, nous avons le plaisir de voir se démocratiser les parfums mixtes, non genrés. Cela permet également aux femmes de s’approprier des parfums plus verts et plus aromatiques sans tomber dans les clichés. 

Finalement, ces plantes aromatiques ne sont plus réservées exclusivement aux moines et à la pharmacopée mais aussi dans la parfumerie moderne… pour notre plus grand plaisir !