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Bienvenue dans un voyage olfactif à travers l’histoire, où nous explorons la famille olfactive des fougères. Peut-être que vous êtes déjà un amateur de ces parfums, ou que vous êtes simplement curieux d’en savoir plus sur cette famille olfactive. Quoi qu’il en soit, cet article vous permettra de découvrir l’histoire et les secrets de l’accord fougère.

Histoire de la famille olfactive des Fougères

Origines

Crédits Photos : La parfumerie podcast

La famille olfactive des fougères doit son appellation à la plante vivace du même nom, bien qu’elle ne soit pas présente dans la composition de ces parfums. 

Cette famille tient son origine de l’ère victorienne, avec une fragrance qui a bouleversé le monde de la parfumerie et qui est toujours en production plus d’un siècle après sa création : il s’agit de Fougère Royale de la maison Houbigant. 

Créée en 1884 par le parfumeur Paul Parquet, cette fragrance est souvent décrite comme la première « fougère » de l’histoire du parfum. Ce mélange subtile de bergamote, de lavande, de géranium, de coumarine et mousse de chêne, créé un précédent pour les parfums masculins, et c’est ainsi que la famille olfactive des fougères est née 1.

La coumarine, molécule clé de la note Fougère

Fougère Royale a été révolutionnaire à plusieurs égards. Paul Parquet a utilisé pour la première fois une matière première de synthèse fraîchement découverte, la coumarine, une molécule isolée de la fève de tonka. Cette coumarine, combinée à la lavande et aux notes de mousse de chêne, a permis de créer une fragrance qui évoquait la fraîcheur verdoyante d’une forêt, d’où le nom « fougère ».

Molécule coumarine

Il est intéressant de noter que bien que la fougère elle-même ne produise pas d’essence utilisable en parfumerie, l’accord créé par Parquet était si évocateur de la nature que le nom a persisté. Et comme les fougères sont des plantes qui existent depuis des millions d’années, présentes sur tous les continents (sauf l’Antarctique), il est facile de comprendre pourquoi ce nom a une résonance universelle.

Après la sortie de Fougère Royale, l’accord fougère est devenu un pilier de la parfumerie, notamment pour les parfums masculins. En effet, l’équilibre de l’accord ainsi constitué crée une base qui se prête parfaitement aux notes caractéristiques masculines de l’époque, comme les épices, les agrumes et les notes boisées.

Évolution de la famille des Fougères

Jicky de Guerlain, créé en 1889 marque une rupture encore plus nette, ouvrant la voie aux parfums abstraits. Ce parfum, qui incorpore généreusement des ingrédients de synthèse tels que la coumarine et la vanilline, marque un tournant dans l’histoire de la parfumerie. Cependant, la nature avant-gardiste de Jicky a été trop audacieuse pour les femmes de l’époque. C’est plutôt dans les cercles artistiques et intellectuels masculins qu’il trouvera son public 2, les notes propres et lavandées leur évoquant les produits utilisés chez le barbier.  En effet,la lavande était utilisée par les barbiers après le rasage,  pour ses propriétés antiseptiques et apaisantes.

Tout au long du XXe siècle, de nombreuses maisons de parfum ont créé leurs propres interprétations de l’accord fougère. Des maisons de parfums qui ont toutes suivi l’exemple de Fougère Royale, en ajoutant leurs propres twists, interprétant et modernisant la base fougère.

Ainsi, l’histoire de la famille olfactive des fougères est en réalité l’histoire d’une innovation et d’une évolution constante, depuis la première utilisation de la coumarine jusqu’à la diversité des parfums fougères disponibles aujourd’hui. C’est une histoire qui démontre la puissance de la parfumerie à évoquer la nature et à créer des parfums qui, tout en étant profondément ancrés dans le passé, peuvent toujours se prétendre contemporains.

Caractéristiques de l’accord Fougère

Les parfums de la famille des fougères sont caractérisés par une composition harmonieuse qui combine des notes aromatiques, des notes de cœur florales, et des notes de fond boisées et musquées.

Cet accord abstrait est généralement composé de quatre éléments principaux :

Note de tête

La lavande : Cette plante aromatique, avec son parfum frais et propre, sert de note de tête dans l’accord fougère. Elle donne le premier coup de fouet qui attire l’attention et invite souvent des notes aromatiques (sauge, romarin, menthe…) et hespéridées (agrumes) dans sa tornade tonique. 

Note de coeur

Le Géranium Rosat: à la note caractéristique rosée, verte et fusante. 

Note de fond

La coumarine. Cette molécule est naturellement présente dans plusieurs plantes comme le foin coupé, la fève tonka ou la mélilot. Son parfum est doux, légèrement herbacé et vanillé, parfois amandé, et elle donne aux parfums fougères leur caractère doux et arrondi.

On l’enveloppe de notes boisées comme la mousse de chêne, le vétiver, le patchouli, des notes cuirées qui donnent de la profondeur et de la longévité à la fragrance. 

Tous ces éléments créent un accord qui est à la fois dynamique et boisé, doux et robuste. Une complexité qui évoque la fraîcheur des sous-bois et la douceur des mousses verdoyantes.

C’est cet équilibre qui fait de l’accord fougère une composante si précieuse en parfumerie. Il a une complexité qui lui permet de se tenir seul, mais il a aussi la souplesse de se marier avec d’autres familles olfactives, permettant aux parfumeurs de créer des fragrances qui sont à la fois familières et surprenantes.

L’utilisation de la famille olfactive des Fougères en parfumerie

L’accord fougère a souvent été utilisé pour les parfums pour homme, d’ailleurs c’est la signature olfactive des produits de rasage et autres after shave typiquement masculin. Cependant, de nombreux parfumeurs rendent cette base fougère de plus en plus universelle.

C’est une famille polyvalente en parfumerie, la rendant particulièrement attrayante pour une multitude de compositions parfumées. À la fois classique et innovante, elle occupe une place importante dans les parfums masculins, et apparaît aussi dans quelques parfums féminins.

Dans les parfums masculins, l’accord fougère offre une fraîcheur herbacée et une profondeur boisée, tout en conférant une touche de sophistication et de raffinement. Il est souvent accentué par des notes épicées ou boisées, telles que le bois de santal, le cèdre, ou le poivre noir. 

Pour les parfums féminins, l’accord fougère est souvent adouci par des notes florales comme la rose, le jasmin ou l’iris, ou par des notes fruitées comme la pêche, la poire ou la framboise. Ces parfums peuvent être à la fois profonds et mystérieux, mais aussi doux et romantiques, selon les autres notes utilisées dans la composition. 

En général, l’accord fougère permet une grande liberté d’expression. Il peut être associé à des notes aquatiques pour créer des parfums frais et revigorants, à des notes ambrées pour des parfums orientaux et sensuels.

L’utilisation de la famille olfactive des fougères démontre sa capacité à transcender les genres, les époques et les styles. Que ce soit pour des parfums frais et revitalisants, des parfums romantiques et séduisants, ou des parfums mystérieux et sophistiqués, la famille olfactive des fougères à toujours sa place sur le marché de la parfumerie moderne.

Exemples de parfums de la famille des Fougères

Fougère Royale de Houbigant, 1882 par Paul Parquet comme mentionné plus tôt, est le patriarche de cette famille. Avec sa combinaison de lavande, de géraniol et de mousse de chêne, il a défini la structure de base de l’accord fougère.

Jicky de Guerlain arrive en 1889, en plus de sa structure fougère traditionnelle, la vanilline répondant à la coumarine rend l’ensemble plus rond et amandé. L’un des premiers parfums mixtes de l’époque qui met en lumière les parfums dits « abstraits ».

Pour Un Homme de Caron est créé par Ernest Daltroff en 1934. Avec une lavande fraîche c’est une ouverture consensuelle, cependant, au lieu d’opter pour une base de coumarine et mousse de chêne traditionnelle, Daltroff a choisi d’utiliser une vanille chaude et sensuelle, créant un contraste inattendu qui a fait de « Pour Un Homme » un parfum unique en son genre : masculin et enveloppant. Une dualité entre fraîcheur aromatique qui laisse place à un fond ambré vanillé presque poudré. Un parfum qui traverse les âges. 

Brut de Fabergé est créé en 1964 par Karl Mann. Il s’ouvre sur des notes de tête fraîches et aromatiques avec du citron, de la bergamote, du basilic et de l’anis. Le cœur se compose de notes florales de jasmin, de géranium et d’ylang-ylang, typiques de l’accord fougère. Les notes de fond sont chaudes et boisées, avec de la vanille, du bois de santal, du vétiver, de la mousse de chêne et de la fève tonka. Ce qui rend « Brut » si spécial, c’est son caractère distinctif et inoubliable. Il incarne l’image de la virilité avec son accord fougère robuste et hyper masculin.

Drakkar Noir de Guy Laroche par Pierre Wargnye est lancé en 1982, Il modernise  la base fougère  avec  une nouvelle matière en parfumerie:  le dihydromyrcénol.  Jusqu’ici utilisé dans les lessives,  sa puissante fraîcheur propre évoque l’odeur d’une chemise blanche bien repassée que l’homme exagérément  musclé et bronzé de l’époque enfile en sortant de sa douche. Il ajoute une note zestée fruitée d’agrumes et d’ananas et un fond de résine, d’épices et de bois  pour créer ce parfum  énigmatique et charismatique 

Fougère Bengale de Parfum d’Empire : En 2007, Marc-Antoine Corticchiato crée ce parfum épicé et doux avec des notes de tabac, de résine, de gingembre et de vanille. Le départ est composé de lavande, de gingembre, de notes de thé et de la menthe apportant fraîcheur et lumière. Les notes sèches de tabac et de foin font le lien vers un fond boisé ambré et baumé porté par la mousse de chêne, la fève de tonka, le patchouli et la vanille donnant une dimension féline et hyper sensuelle.

Fougère Furieuse de Mugler est créé par Jean-Christophe Hérault et Olivier Polge en 2014, est considéré comme un Fougère aromatique. L’envolée est plus herbacée, en cœur s’ajoute du néroli au traditionnel géranium, le fond est pulsé par un accord ambré en plus de la fève tonka et de la mousse de chêne.

 Fougère Emeraude des Indémodables par Florence Fouillet Dubois en 2016. Bien que non genré par la marque, il est apprécié par beaucoup de femmes en raison de son mélange équilibré de notes herbacées et florales. Tubéreuse, lavande et mimosa donnent une fraîcheur florale au parfum, le tout sur un fond de tonka.

On l’a vu, la famille olfactive des fougères a une histoire riche et des contrastes complexes. Elle a évolué et s’est adaptée au fil du temps, mais elle reste une famille incontournable en parfumerie. Peut-être qu’après avoir lu cet article, vous serez inspiré pour essayer des parfums de la famille des fougères et peut-être les adopter définitivement.

1 Dictionnaire amoureux du Parfum, Elisabeth de Feydeau, page 391

2 Une histoire de Parfums,Yohan Cervi, page 15

Les parfums sont souvent classés en familles olfactives en fonction de leurs caractéristiques olfactives dominantes. L’une des familles olfactives les plus appréciées et les plus anciennes est la famille des chyprés. Cette famille est caractérisée par des parfums sophistiqués et complexes qui présentent une combinaison de notes de tête fraîches, de notes de cœur florales et de notes de fond riches et boisées.

Histoire de la famille des Chyprés

François Coty
François Coty

La famille des chyprés tient son nom en référence au parfum Chypre de Coty qui est considéré comme le chef de file et donc le premier parfum moderne de cette catégorie olfactive de l’histoire de la parfumerie. Créé en 1917 par le parfumeur français François Coty, Chypre a révolutionné le monde de la parfumerie en introduisant une composition inédite constituée de bergamote, de citron et d’orange en notes de tête, associée à un bouquet floral en cœur tel que le jasmin, la rose, l’ylang-ylang, l’œillet, et à des notes de fond plus profondes : le patchouli, l’encens, la civette, et la mousse de chêne.

Le parfum Chypre de Coty doit son nom à l’île méditerranéenne de Chypre, carrefour entre l’orient et l’occident, Chypre est une île connue depuis l’Antiquité pour ses parfums et ses aromates . De plus, sa situation géographique lui permettait de bénéficier en plus des matières venant d’orient. Les moines de l’époque ont joué un rôle important dans la culture de la parfumerie sur l’île, en utilisant des plantes locales pour créer des huiles parfumées et des onguents à des fins médicinales et spirituelles dont les recettes viendront jusqu’à nous. La première Eau de Chypre, aux vertus tonifiantes, était fabriquée par les moines de l’île au Moyen-âge. La Poudre de Chypre  dont on parfumait les cheveux au XVIIIème siècle était constituée de mousse de chêne et d’iris.  En 1850 Guerlain sort son eau de Chypre, en 1893 c’est Roger et Gallet avec son Chypre Tentation, puis Lubin en 1898. Mais c’est François Coty qui va se démarquer en 1917 en modernisant la formule des chypres.

Il crée Chypre pour répondre à une demande croissante de parfums plus modernes et innovants. À l’époque, la plupart des parfums étaient des compositions florales assez simples, et il cherchait à créer quelque chose de plus complexe et sophistiqué.

Le parfum Chypre fait donc directement référence à ce luxe opulent très convoité à l’époque de sa création. Coty a voulu capturer l’essence de cette île dans un parfum. Le résultat a été un parfum complexe et sophistiqué qui en a inspiré de nombreux autres au fil des années.

Chypre de Coty a également été créé dans un contexte historique particulier, marqué par la Première Guerre mondiale et les changements sociaux et culturels qui ont suivi. Coty a cherché à créer un parfum qui reflétait les nouvelles tendances et les aspirations des femmes modernes de l’époque, en leur offrant un parfum plus audacieux et sophistiqué que ce qui était disponible à l’époque. Le succès de Chypre a ainsi contribué à changer les normes de la parfumerie et à ouvrir la voie à de nouveaux styles et genres de parfums.

Le chypré : un accord complexe et intemporel

Les chyprés sont souvent décrits comme étant complexes, raffinés et élégants, avec une forte présence de notes de fond boisées et musquées. Ils ont tendance à être des parfums plus opulents, ce qui les rend généralement plus appropriés pour les occasions plus formelles ou pour les soirées.

La famille olfactive des chyprés est une catégorie de parfums qui présentent un accord de notes de tête fraîches hespéridées, de notes de cœur florales et de notes de fond riches et boisées avec du patchouli, la mousse de chêne et du ciste labdanum.

Les chyprés sont également connus et recherchés pour leur tenue, c’est-à-dire leur capacité à rester sur la peau pendant une longue période de temps, jusqu’à 24 heures sur la peau. Cela est dû en partie aux ingrédients riches et complexes utilisés dans leur composition, tels que le patchouli, la mousse de chêne et le ciste.

Les parfums chyprés célèbres

Chypre de Coty a été un énorme succès dès son lancement, et a inspiré de beaucoup d’autres parfumeurs à explorer cette nouvelle famille olfactive. Aujourd’hui, de nombreux parfums chyprés existent sur le marché, et même s’il n’existe plus, le parfum Chypre de Coty reste une icône de la parfumerie française, Les parfums de cette famille dégagent une aura énigmatique et mystérieuse. Chez la femme, le chypre se fait glamour, pour une femme caractère, extrêmement féminine  et séductrice un rien androgyne. Le parfum de la Femme Fatale du Hollywood des années 40-50.

Parmi les parfums chyprés les plus célèbres, on peut citer les noms suivants.

Guerlain – Mitsouko

Créé en 1919 par Jacques Guerlain, est un parfum chypré fruité. On y retrouve des notes de pêche, de jasmin, de patchouli et de mousse de chêne, créant un parfum complexe, mystérieux et envoûtant.

Rochas – Femme

Est créé en 1944 par Edmond Roudnitska pour le premier parfum de la maison Rochas. Ce chypré Floral fruité tient sa particularité dans la note de prune confite, qui lui confère une gourmandise contrebalancée par les épices comme le cumin, la cannelle, le clou de girofle. Des notes de pêche, de rose et jasmin pour donner de la fraîcheur et de la mousse de chêne, du patchouli et des notes ambrées accompagnent ce parfum chaud et sensuel. 

Dior – Miss Dior & Eau Sauvage

La célèbre maison de couture a créé deux parfums chyprés : Miss Dior pour Madame et Eau Sauvage pour Monsieur. Miss Dior a été créé par Jean Carles et Paul Vacher en 1947 et représente la première collection haute couture de la maison Dior. Le parfum original s’ouvre sur des notes de tête vertes et juteuses de galbanum et de bergamote, qui cèdent la place à un cœur floral de jasmin, de rose, de gardénia et de muguet. Les notes de fond, qui persistent et évoluent au fil du temps, sont composées de patchouli, de musc et de mousse de chêne. En hommage à sa sœur Catherine, Christian Dior nomme ce chypré floral Miss Dior.

Eau Sauvage a été créé en 1966 par Edmond Roudnitska. Il représente un chypré aromatique pour homme. Caractérisé par des notes de bergamote, de romarin, de vétiver et de mousse de chêne, un parfum frais et masculin.

Chanel – Pour Monsieur, Chanel No. 19 et 31 rue Cambon

La maison de couture et de luxe Chanel a dans son portfolio de parfums trois références appartenant à la famille olfactive des chyprés : Chanel n°19, 31 rue cambon et Pour Monsieur.

Créé en 1955 par Henri Robert, Pour Monsieur est le premier parfum chypré de la marque. Il est catégorisé comme un chypré boisé. La fragrance associe des notes de citron, de coriandre, de mousse de chêne et de patchouli, créant un parfum classique et intemporel.

La deuxième référence chyprée, Chanel No. 19, est créée en 1971 par Henri Robert. C’est un parfum chypré floral vert qui associe des notes de galbanum, d’iris, de vétiver et de mousse de chêne, créant un parfum frais, élégant et sophistiqué.

31 rue Cambon est le petit dernier créé en 2007 par Jacques Polge. C’est un parfum chypré classique modernisé par le vétiver et la vanille, pensé pour être mixte et raffiné. Chez l’homme, ce sont des parfums très racés souvent habillés de bois ou de cuir.

Clinique – Aromatics Elixir

Créé en 1971 par Bernard Chant, ce parfum est un chypré floral épicé. Il est composé de notes de rose, de jasmin, de patchouli et de mousse de chêne, créant un parfum puissant et sensuel.

Estée Lauder – Knowing

Créé en 1988 par Elie Roger, Knowing est un parfum chypré boisé. Il réunit des notes d’aldéhydes, de fleurs blanches, de patchouli et de bois de santal, créant un parfum sophistiqué et élégant.

Hermès – Bel Ami

Créé en 1986 par Jean-Louis Sieuzac, Bel Ami est un parfum chypré cuiré pour homme. On y retrouve des notes de citron, de cardamome, de cuir et de patchouli, créant un parfum racé et sophistiqué.

Guerlain – Héritage

Créé en 1992 par Jean-Paul Guerlain, c’est un parfum chypré boisé. Il associe des notes de lavande, de cèdre, de patchouli et de mousse de chêne, créant un parfum élégant et sophistiqué.

Yves Saint Laurent – Kouros

Créé par Pierre Bourdon en 1981, « Kouros » est un parfum chypré aromatique marqué par la fraîcheur des agrumes rehaussée par des notes aromatiques de lavande et de laurier. Il évolue vers un cœur contrastant mêlant bouquet floral et épices. Ses notes de fond boisées cuirées ambrées ainsi que la mousse de chêne et le patchouli dégagent une aura chaleureuse et charismatique.

La parfumerie est une merveilleuse harmonie d’art et de science, un domaine où l’innovation et la tradition se rencontrent et se mêlent. Un des facteurs clés qui a permis cette fusion est l’émergence des matières premières de synthèse. Alors, qu’est-ce qu’une matière première de synthèse, et comment a-t-elle influencé l’industrie de la parfumerie ? Quel rôle l’IFRA (International Fragrance Association) joue-t-elle dans ce paysage en constante évolution et comment les nouvelles technologies ont-elles toute leur place dans l’art du parfum ?

Qu’est-ce qu’une matière première de synthèse ?

En parfumerie, une matière première de synthèse est un composant créé pour être utilisé dans la formulation de parfums. Elle est conçue en laboratoire :

Une matière première de synthèse est une construction humaine, conçue et créée avec une intention spécifique pour enrichir l’univers des parfums. Que ce soit pour imiter une senteur naturelle, pour en prolonger la durée ou pour créer une toute nouvelle senteur, elles offrent une flexibilité et une palette d’options qui vont bien au-delà de ce que la nature peut offrir seule.

L’origine des matières de synthèse en parfumerie

Les matières de synthèse sont apparues en parfumerie à la fin du 19ème siècle avec l’essor de la chimie organique pendant la Révolution Industrielle. Elles sont à l’origine de ce que l’on a appelé la parfumerie moderne. Souvent décriées, elles ont l’avantage d’avoir élargi la palette du parfumeur et ainsi d’étoffer sa créativité.   

L’Importance des matières premières de synthèse

Ces matières de synthèse ont un impact considérable sur l’industrie de la parfumerie. Elles permettent aux parfumeurs de créer des notes olfactives inédites, qui seraient extrêmement coûteuses ou non éthiques à produire naturellement. En effet, elles offrent une alternative éthique et viable à l’extraction de certaines matières premières naturelles, puisque par exemple, certaines notes musquées ne peuvent être obtenues sans nuire à l’animal dont elles proviennent, ce qui rend leur synthèse une alternative bien plus respectueuse et pratique. Mais ce n’est pas tout. Les matières synthétiques apportent de la stabilité et de la longévité aux parfums. 

Elles peuvent également aider à maintenir un produit constant, car les ingrédients naturels peuvent varier en fonction de facteurs tels que le climat, la saison et les conditions de croissance. En d’autres termes, elles permettent aux parfumeurs de maintenir la qualité et la constance des parfums.

L’IFRA et la synthèse

L’IFRA (International Fragrance Association) est une organisation qui définit les normes et les réglementations pour l’industrie de la parfumerie dans le but de garantir la sécurité et la responsabilité. Les matières premières de synthèse, comme tous les ingrédients utilisés dans les parfums, sont soumises à ces réglementations.

Cette organisation vérifie la sécurité de chaque ingrédient synthétique et peut limiter ou interdire son utilisation si elle est jugée préjudiciable à la santé humaine ou à l’environnement. Par conséquent, les parfumeurs et les maisons de parfums doivent travailler en étroite collaboration avec l’IFRA pour s’assurer que leurs produits sont non seulement beaux et durables, mais aussi sûrs et responsables.

L’apport de la synthèse dans la parfumerie moderne

Les matières premières de synthèse ont radicalement transformé la parfumerie, permettant une plus grande diversité, une meilleure longévité et une uniformité dans les parfums..

Elargissement de la palette du parfumeur

Avant leur introduction, les parfumeurs étaient limités aux matières premières naturelles qu’ils pouvaient extraire de leur environnement. Mais la synthèse a ouvert de nouvelles voies pour l’innovation et la créativité, rendant possibles des senteurs qui n’existent tout simplement pas dans la nature.

L’un des atouts majeurs des molécules synthétiques réside dans la diversité des parfums qu’elles permettent : jusqu’à 4 000 matières différentes, contre, seulement, près de 400 composants naturels.  

Avec la possibilité de créer de nouvelles molécules et donc de nouvelles senteurs, la palette des parfumeurs s’est considérablement élargie. Cela a conduit à une explosion de créativité dans l’industrie, avec des parfums de plus en plus innovants et uniques apparaissant sur le marché.

Reproduction de matières naturelles muettes ou interdites

Certaines essences, comme celles de la jacinthe, du muguet ou du lilas, dites « fleurs muettes », ne peuvent être obtenues  par des méthodes d’extraction naturelle.

D’autres, d’origine animale, ou bien considérées allergènes, sont aujourd’hui interdites dans les parfums.

En laboratoire, ces senteurs peuvent être reproduites de manière fidèle, donnant lieu à un parfum intense, à la composition stable, tout en restant généralement abordable en termes de coûts.

Ténacité

La synthèse a permis de créer des parfums plus durables. Certaines de ces matières synthétiques ont souvent une excellente ténacité, ce qui signifie que le parfum que vous portez le matin peut encore être détecté en fin de journée. Cela a permis à l’industrie de répondre à la demande des consommateurs pour des parfums à longue durée,  notamment pour des fragrances composées de matières  plus volatiles et donc peu persistantes telles que les agrumes.

Régularité, uniformité

D’autre part, la synthèse a également permis une plus grande uniformité dans la production de parfums. Les ingrédients naturels peuvent varier en fonction de nombreux facteurs, comme les conditions de croissance, le climat et l’année de récolte. Les matières synthétiques, en revanche, peuvent être produites de manière constante et uniforme, assurant que chaque lot de parfum soit exactement comme le précédent.

Le Headspace : la révolution de la synthèse

La technologie Headspace a permis de capturer et de reproduire en laboratoire des odeurs auparavant inaccessibles, élargissant encore davantage la palette des parfumeurs. Cela a donné lieu à une explosion de créativité et a permis une production plus respectueuse de l’environnement.

Le Headspace est une technologie révolutionnaire qui a ouvert une nouvelle ère dans la parfumerie de synthèse. Développée dans les années 1970, cette technique permet de « capturer » l’odeur d’un objet, d’un lieu ou même d’un moment. Comment ça marche ? Une cloche en verre est placée autour de l’objet dont on souhaite capturer l’odeur. Les molécules odorantes sont piégées dans un capteur   qui est ensuite analysé pour identifier les molécules qui produisent l’odeur. Les parfumeurs peuvent alors en  reproduire l’odeur en assemblant  ces molécules en laboratoire.

L’utilisation de la technologie Headspace a été un véritable tournant dans la parfumerie moderne. Elle a permis aux parfumeurs de créer des parfums qui reproduisent des odeurs inaccessibles auparavant, comme celle de l’espace, de la terre après la pluie (lire notre article sur le petrichor), d’une pièce spécifique à un moment donné, ou même tout simplement des fleurs muettes. La technique permet aussi de reproduire l’odeur de la fleur au naturel (une huile essentielle ou un absolu ne reproduisent pas toujours l’odeur de la fleur fraîche sur sa tige).

Cela a non seulement élargi la palette de senteurs disponibles, mais a aussi permis la création de parfums véritablement uniques et innovants. 

Nicolas Chabot (marques Aether et Le Galion) a développé un projet de création d’une collection de 7 parfums (à ce jour) exclusivement élaborée par cette technologie.

De plus, la technologie Headspace peut être utilisée pour capturer les odeurs des fleurs et des plantes sans les endommager. Contrairement à d’autres méthodes d’extraction qui peuvent nécessiter de couper ou de broyer les plantes, la technologie Headspace est non invasive. Cela signifie que les parfumeurs peuvent désormais créer des parfums à partir de plantes rares ou en voie de disparition sans nuire à l’environnement.

La technologie Headspace est un exemple parfait de la manière dont la synthèse a révolutionné la parfumerie, ouvrant de nouvelles possibilités de création et favorisant une production plus respectueuse de l’environnement.

Conclusion

Les matières premières de synthèse sont une part essentielle de la parfumerie moderne, offrant une palette plus large, une durabilité et une constance aux créations olfactives. Lorsque vous humez votre parfum préféré, vous pouvez le faire en sachant qu’une science complexe et des réglementations responsables se cachent derrière chaque vaporisation.

Grâce à de constantes innovations, toujours plus respectueuses de l’environnement, l’avenir de la parfumerie semble encore plus prometteur, avec des possibilités toujours plus vastes pour créer des parfums uniques. 

La parfumerie est un art complexe qui consiste à combiner différentes notes odorantes pour créer une fragrance unique et harmonieuse. L’une des principales méthodes utilisées pour classer les parfums est la catégorisation en familles olfactives. Ces familles regroupent les parfums en fonction de leurs caractéristiques olfactives. 

La classification en famille olfactive

La classification par famille olfactive en parfumerie a été introduite pour la première fois en 1984 par la Société Française des Parfumeurs. Une catégorisation des parfums est établie en différentes familles olfactives basées sur les caractéristiques odorantes des matières premières utilisées dans leur composition. 

Cette classification a été largement adoptée par l’industrie de la parfumerie et est aujourd’hui considérée comme un outil de référence pour comprendre les différents types de parfums disponibles sur le marché.

La classification des parfums en familles olfactives est un moyen utile de comprendre leurs caractéristiques olfactives. En créant cette codification, l’organisation globale de la parfumerie moderne se repose sur des fondamentaux, permettant d’organiser les différents types de parfums en fonction de leur composition olfactive dominante. 

Chacune de ces familles olfactives possède ses propres caractéristiques distinctives et peut être subdivisée en sous-catégories en fonction des odeurs dominantes. On parle alors de facettes.

Ici, nous vous présentons une classification simplifiée : 5 familles décryptées de façon imagée avec des termes simples pour mieux comprendre les familles et les facettes associées. 

La famille olfactive des Frais

La famille des parfums frais regroupe plusieurs facettes :

L’Eau d’Orange Verte d’Hermès, créé par JC Ellena représente bien cette famille des hespéridés.

L’Eau du Sud de Goutal (Annick Goutal) est un très joli exemple de parfum frais à la fois hespéridé et aromatique.

Un parfum qui incarne bien cette facette est Fleur de Peau de Diptyque (Fabrice Pellegrin). composé de baies roses pour la fraîcheur, de graine d’ambrette pour la facette cristaline et transparente, d’iris pour la facette poudrée, et de musc blanc pour donner de la texture avec des facettes cotoneuses, propres, douce et réconfortante.  Et en fragrance plus “mainstream”, on peut citer Cool Water de David off ou CK one de Calvin Klein. 

Des parfums emblématiques tels que Kenzo pour homme où la note marine se mêle aux bois. L’eau d’Issey, eau douce baignée des fleurs, ou Acqua di Gio dont les agrumes et la note marine nous transportent sur  une île italienne.

La famille olfactive des Floraux

La famille des floraux est la plus courante en parfumerie. Ces parfums se distinguent par la prédominance de fleurs. Le jasmin, la rose, le muguet, l’iris, la fleur d’oranger ou encore la violette. Les parfums floraux sont souvent associés à des notes fruitées ou boisées pour créer des fragrances plus complexes. 

On parle de parfum Soliflore, quand il s’agit d’une variation sur le thème d’une matière/fleur. Exemple, Diorissimo de Dior, variation sur le thème du muguet , fleur fétiche de Christian Dior.

Les accords « bouquets » sont aussi très appréciés: les fleurs blanches, les fleurs poudrées, les compositions autours des différentes roses, ou encore les fleurs dites exotiques, ou solaires, donnent une infinité de possibilités, et sont facilement accordées avec d’autres familles olfactives.

La facette florale dans notre jeu Master Parfums est un bouquet floral romantique ( rose, pivoine, framboise)  mais les floraux peuvent aussi être plus sensuels, narcotiques, plus printaniers, ou plus solaires, en fonction des matières choisies 

L’eau de toilette Insolence de Guerlain est un beau floral fruité où l’on retrouve de la violette, de la fleur d’oranger, de l’iris et des notes de fruits rouges.

La famille olfactive des Boisés

Cette famille olfactive est composée de notes autours des bois telles que le cèdre, le santal, le vétiver, le bois de rose, ou encore le bois de oud. Les parfums boisés ont une odeur chaude et réconfortante évoquant pendant longtemps la masculinité, en raison de leur caractère puissant et sensuel. Mais c’est une famille qui  peut  également être  choisie  pour créer des parfums pour femmes.

Les notes boisées peuvent être utilisées pour créer des parfums chauds et envoûtants, mais aussi  pour réchauffer des parfums frais et aromatiques. 

Au début du 20ème siècle, la famille des boisés a commencé à prendre de l’importance dans l’industrie de la parfumerie. L’un des premiers parfums boisés modernes et considéré comme tel est Bois des Îles de Chanel, suivi de Pino Silvestre de Vidal. Ces parfums ont été les premiers à intégrer des notes de bois dans leurs compositions modernes, créant ainsi une nouvelle catégorie de parfums.

Longtemps perçus comme réservés aux hommes, les parfums boisés se sont petit à petit ouverts aux femmes grâce à l’audace de certaines marques. En 1992, Serge Lutens crée Féminité du Bois pour Shiseido, qui est considéré comme un pionnier dans l’utilisation de notes boisées dans les parfums pour femmes.

La famille olfactive des Ambrés

Les parfums ambrés ou orientaux sont riches et sensuels, fréquemment agrémentés de notes épicées, telles que la cannelle, le clou de girofle ou la vanille. La principale particularité est qu’ils sont ambrés, baumés : les résines telles que le benjoin ou la myrrhe leurs confèrent un caractère hyper sensuel et attractif. Les ambrés sont souvent catégorisés comme étant des parfums de séduction envoûtants grâce aux notes riches, chaudes et sensuelles qui les composent.

Shalimar de Guerlain, ou Opium d’Yves Saint Laurent (Jean Amic et JL Sieuzac) en sont des exemples probants.

Un parfum oriental est un accord de notes ambrées ( ambre gris, ciste labdanum…) associées à des notes balsamiques (encens, benjoin, myrrhe…), mystiques. On habille ces notes chaudes et sensuelles de facettes agrumes et/ou animales, gourmandes, fleuries, fruitées, poudrées, ou épicées.

La famille olfactive des Gourmands

La famille olfactive des gourmands est relativement nouvelle dans l’univers de la parfumerie. Elle a émergé dans les années 1990, avec la création du parfum Angel de Thierry Mugler, considéré comme le précurseur des parfums gourmands avec l’intégration de la molécule d’ ethyl maltol dont l’odeur caractéristique évoque celle de barbe-à-papa, de praliné, de fruits confits. Ce parfum innovant a bouleversé le monde de la parfumerie en introduisant des notes alimentaires, comme le chocolat, le caramel et la vanille, dans sa composition.

Les parfums gourmands ont été ainsi nommés parce qu’ils évoquent des odeurs liées aux pâtisseries et aux desserts délicieux, souvent doux et sucrés. Ils ont tendance à être riches, enveloppants et régressifs. 

On peut inclure dans cette famille gourmande, la facette fruitée, tout aussi appétissante mais plus “juteuse”, acidulée, aux notes joyeuses évoquant des cocktails colorés.

Au fur et à mesure que la famille olfactive des gourmands a évolué, elle a commencé à englober une plus grande variété de notes. Au-delà des notes sucrées traditionnelles des facettes telles que, le miel, ou encore les notes crémeuses et beurrées, fruits secs ou confits et même certaines notes salées comme le pop corn, ont commencé à apparaître. 

Autres types de familles

Il existe d’autres catégories olfactives, qui sont également des références pour les parfumeurs.

Découvrez toutes les familles olfactives et leurs facettes dans notre jeu de culture générale !

Cuir

La catégorie olfactive des cuirés représente les parfums qui ont une odeur intense et charismatique, associée à des notes de cuir, de tabac, de bois et de musc. 

Cuir froid, cuir plus chaud et velouté façon daim, cuir animal ou encore cuir floral, les variations et les facettes sont multiples.

Cette famille olfactive est relativement récente, même si elle fait référence au métier historique de gantiers-parfumeurs grassois qui dès le 18ème siècle, pour camoufler l’odeur animal du cuir utilisé, se sont perfectionnés dans la parfumerie en s’appliquant à parfumer avec des essences florales les gants destinés à la cour.

Lorsque les parfumeurs ont commencé à utiliser des matières premières synthétiques, et végans, pour créer des parfums innovants reconstituant l’odeur du cuir, cette famille olfactive s’est imposée.

Les exemples classiques de parfums cuirés comme « Cuir de Russie » de Chanel (Ernest Beaux) ou Traversée du Bosphore de L’Artisan Parfumeur (B. Duchaufour).

Chypré

Les chyprés sont connus pour leur sophistication et leur élégance. Cette famille olfactive tient son nom du célèbre parfum Chypre créé par François Coty en 1917. C’est à l’ époque une révolution dans le monde de la parfumerie. Les parfums chyprés sont historiquement composés de notes d’agrumes comme la bergamote, de fleurs comme la rose et le jasmin, de mousse de chêne, de patchouli et de ciste labdanum : un accord inédit et particulièrement séduisant.

Cette famille est caractérisée par des parfums sophistiqués et complexes qui présentent une combinaison de notes de tête fraîches, de notes de cœur florales et de notes de fond riches et boisées.

Quand c’est un chypré féminin, on peut évoquer le glamour des Femme Fatales des 50’s.

Quand il est au masculin, les fleurs se font plus discrètes et la vedette revient ici au fond de mousse de chêne et patchouli, profond et puissant. 

Fougère

La famille olfactive des fougères est l’une des plus anciennes et des plus respectées dans l’industrie de la parfumerie. 

L’histoire de cette famille de parfums remonte à la fin du 19ème siècle, lorsque le parfumeur français Paul Parquet crée Fougère Royale en 1882 pour la maison Houbigant. Cette création a été une révolution dans le monde de la parfumerie, car elle a été la première à utiliser des ingrédients synthétiques comme la coumarine, alors encore très rare. 

Notons qu’il ne s’agit pas d’une famille olfactive qui se réfère directement à l’odeur de la plante fougère mais bien à un accord, au même titre que les chyprés, composé traditionnellement de notes de lavande, géranium, de coumarine et de mousse de chêne, évoquant souvent l’odeur du savon à barbe

Dans les années 1900 et 1910, de nombreux autres parfums de la famille des fougères ont été créés, tels que Jicky de Guerlain. Les parfums fougère sont rapidement devenus populaires et sont en  grande majorité des parfums pour homme.

La classification des parfums en familles olfactives a révolutionné le monde de la parfumerie. Cette catégorisation nous aide à comprendre et à apprécier la complexité des parfums. Elle offre une orientation claire aux parfumeurs pour créer de nouvelles fragrances, et aux consommateurs pour trouver le parfum qui correspond le mieux à leurs goûts personnels.

Cela permet également de répertorier et d’organiser les différentes odeurs, provenant de matières premières naturelles ou synthétiques. C’est une véritable carte d’exploration pour le nez, ces artistes de la parfumerie, qui peuvent ainsi naviguer dans cet univers infini de senteurs et créer de nouvelles harmonies. C’est aussi ce qui permettra aux conseillères de vente de vous orienter vers les choix  de parfums qui vous seront les plus appropriés.  (voir article fête des mères)

Le jeu Master Parfums est votre allié pour apprendre le monde de la parfumerie de façon ludique et amusante ! 

La myrrhe est une substance aromatique utilisée depuis l’Antiquité pour ses propriétés médicinales et parfumées. Cette résine odorante provenant du Commiphora renferme une histoire riche et raffinée. Dans cet article, nous allons découvrir les origines botaniques et géographiques de la myrrhe, sa place dans les religions, son utilisation en parfumerie, ainsi que ses caractéristiques olfactives.

Origines botaniques et géographiques de la Myrrhe

La myrrhe provient de l’écorce de plusieurs espèces d’arbres appartenant au genre Commiphora, de la famille des Burséracées. 

Ces arbres sont principalement cultivés en Afrique, notamment en Éthiopie, en Somalie et au Kenya, ainsi qu’au Moyen Orient. Les espèces de Commiphora diffèrent les unes des autres en termes de forme, de taille, de couleur et de composition chimique de la résine qu’elles produisent.

Les arbres de myrrhe sont des plantes ligneuses qui peuvent atteindre jusqu’à 4 à 5 mètres de hauteur. Ils ont des feuilles composées, qui sont souvent de couleurs vert clair ou argentée, et des fleurs qui peuvent être blanches, roses ou rouges. Les fruits sont des capsules qui contiennent des graines.

La récolte de la myrrhe se fait en pratiquant des incisions dans l’écorce de l’arbre, ce qui permet à la sève de s’écouler et de se solidifier en une résine odorante

Les arbres de myrrhe sont souvent cultivés dans des zones semi-arides, où les conditions environnementales sont difficiles, notamment en raison de la chaleur, du manque d’eau et de la pauvreté des sols.

La myrrhe est une substance précieuse et coûteuse, qui a été utilisée depuis l’Antiquité pour ses propriétés médicinales, cosmétiques et parfumées. En raison de sa rareté et de sa valeur, la myrrhe était considérée comme un produit de luxe et était souvent offerte en cadeau aux dirigeants et aux dignitaires.

La Myrrhe : entre histoire et religion

La myrrhe revêt également une forte signification religieuse, notamment dans le christianisme et dans les pratiques funéraires de l’Antiquité. Dans la Bible, la myrrhe est mentionnée à plusieurs reprises, et elle est souvent associée à la royauté et à la divinité.

L’un des passages les plus connus se trouve dans l’Évangile selon Saint Matthieu, où il est dit que les Rois Mages ont offert de la myrrhe, ainsi que de l’encens et de l’or, à Jésus à sa naissance. Ces cadeaux étaient représentés comme des signes de l’importance de Jésus et de sa destinée prophétique.

Cette résine précieuse était également utilisée dans les pratiques funéraires de l’Antiquité, en raison de ses propriétés de conservation et de son parfum agréable et envoûtant. 

Les Égyptiens l’utilisaient pour embaumer les corps des pharaons et des nobles, tandis que les Hébreux l’utilisaient pour parfumer les vêtements et les draps funéraires. 

Aujourd’hui, la myrrhe est toujours utilisée dans les rituels religieux de certaines cultures, notamment dans l’Église orthodoxe, où elle est brûlée sous forme d’encens pendant les services religieux. 

Utilisation de la Myrrhe en parfumerie

La myrrhe est une note olfactive prisée en parfumerie, qui apporte une touche chaleureuse et résineuse aux compositions. 

Elle est généralement distillée à la vapeur pour en extraire l’essence, qui sera ensuite utilisée comme matière première en parfumerie.

Dans les parfums orientaux, la myrrhe se marie parfaitement aux notes telles que l’ambre, le patchouli, la vanille et la fêve Tonka. Ces compositions, souvent opulentes et charismatiques, sont très appréciées pour leur sillage intense et mystérieux.

Elle apporte aussi une dimension épicée et boisée aux parfums, renforçant le caractère des notes boisées comme le cèdre, le vétiver ou le oud. Elle est souvent associée à des épices comme la cannelle, le poivre ou le clou de girofle pour créer des parfums puissants et raffinés, aux multiples facettes.

La myrrhe est disponible sous forme d’absolu ou d’huile essentielle, qui sont utilisées par les parfumeurs pour créer des compositions de parfum. 

L’absolude myrrhe est souvent utilisée pour ajouter de la profondeur et de la richesse aux parfums, tandis que l’huile essentielle de myrrhe est utilisée pour ajouter une touche résineuse et légèrement amère.

L’absolu de Myrrhe en parfumerie fine

myrrhe parfumerie

L’absolu de myrrhe, extraite aux solvants, préserve davantage les composants aromatiques de la résine de myrrhe, offrant ainsi une fragrance plus riche et plus profonde que l’huile essentielle. Cette caractéristique est particulièrement appréciée des parfumeurs lorsqu’ils travaillent sur des compositions sophistiquées et complexes.

De plus, l’absolu de myrrhe se marie harmonieusement avec d’autres ingrédients utilisés dans la parfumerie fine, tels que les notes florales, les bois précieux et les épices exotiques. L’absolu sera utilisé en note de fond, donnant une profondeur et un caractère unique aux créations olfactives, renforçant la tenue et la complexité des fragrances.

L’huile essentielle de Myrrhe en parfumerie

L’huile essentielle de myrrhe, bien qu’elle possède également des qualités olfactives appréciées, peut être considérée comme moins précieuse dans le contexte de la parfumerie. Sa méthode d’extraction par distillation à la vapeur peut entraîner une perte partielle des composants aromatiques, conduisant à un parfum moins riche et moins fidèle à l’odeur originale de la résine.

Cependant, l’huile essentielle de myrrhe reste un ingrédient important en parfumerie et peut être utilisée pour apporter une nuance balsamique épicée, ainsi que de mousse, et de champignon aux compositions.

En plus de son utilisation en parfumerie, la myrrhe est également utilisée dans les produits de soin de la peau. Elle est connue pour ses propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, ce qui en fait un ingrédient précieux dans les produits anti-âge. Elle est également appréciée pour ses propriétés antiseptiques et cicatrisantes. Elle est également utilisée dans les parfums d’ambiance, les bougies parfumées et les encens.

Quelques exemples de parfums à base de Myrrhe

Chez Hermès en 2018, Christine Nagel ajoute une nouvelle création à la collection Hermessence. Myrrhe Eglantine est un parfum Ambré floral délicat et frais alliant la myrrhe et la rose sauvage.

 Myrrhiad créé en 2012 par Pierre Guillaume, combine la myrrhe avec des notes d’absolue de thé noir, de vanille et de réglisse pour créer un parfum aux facettes enveloppantes, gourmandes et cuirées.

Pour Serge Lutens, Christopher Sheldrake crée La Myrrhe en 1995, un parfum complexe frais, savonneux, légèrement amer. Une myrrhe miellée et florale, suave et épicée.

La Myrrhe, un ingrédient précieux et durable

De nos jours, la parfumerie accorde une importance croissante à la durabilité et à l’éthique dans la production des matières premières. La myrrhe, grâce à son procédé d’extraction non destructif et à la gestion durable des arbres Commiphora, est une matière première respectueuse de l’environnement et des communautés locales qui en dépendent.

Pour en savoir plus sur la myrrhe et les autres ingrédients iconiques de la parfumerie, découvrez notre quizz de culture parfum Master Parfums. 120 questions et réponses sur l’histoire et la culture du parfum, pour apprendre en s’amusant ! 

Les bains parfumés ont été une pratique courante dans de nombreuses cultures tout au long de l’histoire. Au Moyen Âge, ces bains étaient bien plus qu’un simple rituel de beauté. Découvrons ensemble leur histoire, leur rapport avec l’Église et les médecins de l’époque, leurs bienfaits thérapeutiques et leur rôle social.

Les origines des bains parfumés au Moyen âge

Les bains parfumés au Moyen Âge puisent leur inspiration dans les pratiques de l’Antiquité gréco-romaine. Les Grecs et les Romains étaient connus pour leur amour des bains et de l’hygiène corporelle. Ils ont développé des techniques élaborées pour parfumer l’eau de leurs bains, qui étaient souvent le centre de la vie sociale.

L’influence gréco-romaine

La Grèce antique a grandement contribué à la culture du bain au Moyen Âge. Les Grecs étaient particulièrement friands d’huiles essentielles et d’aromates pour parfumer leurs bains. Ils utilisaient des huiles extraites de plantes méditerranéennes telles que le romarin, la lavande et le thym. Les Grecs prenaient également des bains thérapeutiques avec des infusions de plantes pour divers maux.

Les Romains, quant à eux, ont perfectionné l’art du bain parfumé en construisant des thermes somptueux et en élaborant des rituels complexes. Les bains romains étaient équipés de systèmes de chauffage et d’aqueducs pour fournir l’eau propre et chaude en permanence. Les Romains utilisaient des parfums et des huiles essentielles pour créer une atmosphère agréable et relaxante dans leurs bains publics et privés.

Thermes romaines dans la ville de Bath, Angleterre – Licence Creative Commons

La culture arabo-ottomane

La tradition des bains parfumés au Moyen Âge a également été enrichie par les apports des cultures arabes et turques. Ces civilisations ont apporté leurs propres techniques et savoir-faire, influençant ainsi la culture européenne du bain.

Les Arabes ont joué un rôle majeur dans la transmission des connaissances antiques, y compris en matière de bains parfumés. Au cours de la période médiévale, les savants arabes ont traduit de nombreux textes grecs et romains sur l’art du bain. Ils ont également développé leurs propres techniques de parfumage, en utilisant des ingrédients tels que le bois de santal, le jasmin et le musc.

Les Turcs, notamment les Ottomans, étaient également connus pour leur culture du bain. Les hammams, ou bains turcs, étaient des lieux de détente et de purification, où l’eau était parfumée à l’aide d’huiles essentielles et d’aromates. Les bains turcs se caractérisaient par une architecture unique, avec des espaces distincts pour les bains chauds et froids, ainsi que des salles de repos.

Les Turcs utilisent des ingrédients locaux pour parfumer leurs bains, tels que l’eucalyptus, la rose et la menthe. Ils étaient également réputés pour leur savoir-faire en matière de savons parfumés, qui étaient utilisés pour nettoyer et exfolier la peau lors des séances de bain.

La transmission des savoirs et la fusion des traditions

Au fil des siècles, les échanges commerciaux et culturels entre l’Orient et l’Occident ont permis la diffusion des techniques de bains parfumés des Arabes et des Turcs en Europe. Ces influences ont enrichi la culture du bain médiéval, qui s’est ainsi développée en intégrant des éléments provenant de différentes civilisations. Les bains parfumés au Moyen Âge étaient donc le fruit d’un métissage culturel, témoignant de la richesse et de la diversité des traditions ancestrales.

L’Église et les bains parfumés : entre purification et réticences

Au Moyen Âge, l’Église était une institution omniprésente qui influençait la vie quotidienne et les comportements des individus. Les bains parfumés ont ainsi été soumis à une double perception : d’une part, celle de la purification spirituelle, et d’autre part, celle des réticences et des craintes liées à la débauche.

La purification spirituelle

Dans certains contextes, l’Église encourageait les bains parfumés en tant que rituel de purification. Les bains étaient alors associés aux rites religieux, comme les baptêmes, la préparation à la communion ou les ablutions avant la prière. L’eau parfumée était alors symbole de propreté et de pureté spirituelle, et les bains étaient perçus comme un moyen de se rapprocher de Dieu.

Les réticences de l’Église

Cependant, l’Église avait également des réserves quant aux bains parfumés, en particulier les bains publics, qu’elle considérait comme des lieux de débauche et de péché. Les bains étaient souvent associés à la luxure, ce qui était en contradiction avec les valeurs chrétiennes d’ascétisme. Les bains mixtes étaient perçus comme une source de tentation et un risque pour la morale.

Au fil du temps, l’Église a renforcé son emprise sur la société médiévale, et les bains publics ont progressivement perdu leur popularité. Les autorités ecclésiastiques ont même parfois interdit ou restreint l’accès aux bains publics, les considérant comme immoraux et nuisibles pour l’âme.

La médecine médiévale face aux bains : entre bienfaits et controverses

Facta et dicta memorabilia de Valerius Maximus (f. 244), c. 1470, Staatsbibliothek, Berlín-Preussischer Kulturbesitz (Depot Breslau 2)

Au Moyen Âge, les médecins avaient des avis divers sur les bains parfumés. Si certains reconnaissaient leurs bienfaits thérapeutiques, d’autres mettaient en garde contre les risques potentiels qu’ils pourraient représenter pour la santé.

Des bienfaits thérapeutiques reconnus

De nombreux médecins médiévaux étaient convaincus des vertus médicinales des bains parfumés. Ils estimaient que les huiles essentielles et les plantes utilisées dans ces bains avaient des propriétés curatives et pouvaient aider à traiter diverses affections.

Les bains parfumés avaient plusieurs bienfaits thérapeutiques. Les huiles essentielles et les plantes aromatiques utilisées avaient des propriétés apaisantes, relaxantes et anti-inflammatoires. 

Les médecins de l’époque prescrivaient des bains parfumés pour traiter diverses affections et améliorer le bien-être général de leurs patients tels que : 

Les points divergents et les controverses

Cependant, certains médecins du Moyen Âge étaient plus sceptiques vis-à-vis des bains parfumés et mettaient en avant les risques qu’ils pourraient présenter. Parmi les préoccupations, on retrouvait la crainte que les bains chauds aient affaibli le corps en dilatant les vaisseaux sanguins et en provoquant une perte excessive d’énergie vitale. De plus, les médecins craignaient que l’utilisation de certaines huiles essentielles ou plantes puisse provoquer des réactions allergiques ou des irritations cutanées chez certains patients.

D’autres médecins mettaient également en garde contre les risques d’infections dans les bains publics, où l’eau était parfois contaminée par des bactéries ou des parasites. Pire, l’eau chaude serait source  de propagation de maladies mortelles voire de pandemies. Ils préconisaient alors des bains privés, où l’hygiène et la propreté pouvaient être mieux contrôlées.

Le point de vue social des bains parfumés

Il y avait également une dimension sociale importante, servant de lieu de rencontre et d’échange entre les individus de différentes classes sociales. 

Lieux de convivialité et de détente

Les bains publics étaient des lieux de convivialité où les gens se retrouvaient pour se détendre et discuter. Les baigneurs pouvaient se délasser dans les eaux parfumées, tout en échangeant des nouvelles, des potins et des idées. Les bains publics étaient ainsi des espaces de socialisation où les individus tissaient des liens et renforçaient leur appartenance à une communauté.

Les bains étaient accessibles aux individus de différentes classes sociales, y compris les nobles, les marchands et les artisans. Bien que certains bains soient réservés à l’élite, de nombreux établissements étaient ouverts à un public plus large, permettant à diverses strates de la société de profiter de leurs bienfaits. Cette mixité sociale contribuait à la richesse des échanges et des rencontres dans ces lieux.

Les bains comme marqueurs de statut social

Dans certains cas, les bains parfumés pouvaient également servir de marqueurs de statut social. Les individus les plus fortunés et influents pouvaient se permettre des bains privés, souvent et richement décorés, où ils recevaient des invités de marque pour des bains parfumés exclusifs. Ces bains étaient l’occasion d’afficher sa richesse et son raffinement, en offrant à ses invités des parfums rares et précieux.

Les bains parfumés étaient également associés aux rituels de séduction. Les baigneurs prenaient soin de leur apparence et de leur hygiène, en utilisant des parfums et des savons pour se nettoyer et se parfumer. Les bains parfumés étaient ainsi un moyen de se présenter sous son meilleur jour et de susciter l’admiration des autres.

Le parfum occupe une place importante dans la culture et la pratique de l’Islam. Les parfums naturels sont souvent utilisés pour les vêtements et le corps. Les fumigations d’encens et de bois pour parfumer les lieux de cultes mais également les vêtements sont très appréciées.

Dans l’Islam, le parfum est considéré comme une forme de purification et d’embellissement.

Le parfum en Islam

Dans l’Islam, le parfum est souvent associé à la purification et à la piété, et il est considéré comme un moyen d’embellir l’apparence physique et de plaire à Allah. 

Ibn al-Qayyim, un célèbre savant musulman du 14ème siècle, a écrit : « Le parfum est la meilleure et la plus compatible des choses pour l’âme, et un lien proche existe entre le parfum et la bonne âme »1.

Il explique également que les parfums ont des effets curatifs sur les maladies mentales et émotionnelles telles que la dépression, l’anxiété et le stress. Il a recommandé l’utilisation de parfums naturels tels que le musc pour améliorer l’humeur et soulager les tensions mentales.

Il considérait le parfum comme un remède pour l’âme qui fortifie le corps, réjouit le cœur, égaye l’esprit et plaît à l’âme.

Le prophète Muhammad était connu pour son amour du parfum et il a souvent recommandé son utilisation. Il a également encouragé les croyants à utiliser du parfum avant de se rendre à la prière ou lors de fêtes religieuses.

Alambic et distillation

L’utilisation de l’alambic est une technique ancienne pour distiller qui a été largement utilisée dans la science islamique au Moyen Âge. Les premiers alambics étaient utilisés en Grèce antique pour la production de parfums, d’huiles essentielles et d’autres substances aromatiques. 

Les alchimistes et les savants musulmans ont perfectionné la technique de la distillation au point qu’elle est devenue une méthode standard pour la production de parfums.

Au fil du temps, de nombreuses sociétés arabes et persanes se sont spécialisées dans la production de parfums via cette technique. Aujourd’hui encore, la technique de distillation est utilisée pour la production d’attar, des parfums naturels traditionnels à base d’huiles essentielles, sans alcool.

Les rituels parfumés dans le culte musulman

Dans la culture musulmane, le parfum est souvent utilisé lors d’occasions spéciales, comme les mariages et les fêtes religieuses, et il est considéré comme un cadeau apprécié. 

Le parfum est également présent dans les pratiques funéraires islamiques, où le corps du défunt est lavé et parfumé avant l’enterrement. L’objectif est d’assurer une purification complète du corps avant la mise en terre, et également de permettre aux membres de la famille de se souvenir de leur être cher en portant le même parfum.

Un rituel autour de l’hospitalité régit par l’Islam recommande de parfumer ses hôtes avec de l’eau de rose ou de jasmin, grâce à un aspersoir spécifique, le qumqum.

Il y a également une tradition de parfumer les mosquées avec des huiles spécifiques, et des fumigations d’encens, pendant les prières pour créer une atmosphère spirituelle et purifiante. 

Il est recommandé de se parfumer après les rituels de purification islamiques, les ablutions, qui impliquent de se laver les mains, le visage et les pieds. 

L’utilisation du siwak, bâtonnet de bois issu de l’arak, un arbuste largement répandu en Afrique et en Asie, est utilisé pour ses propriété anti bactériennes pour l’hygiène bucco-dentaire dans la culture musulmane et est encouragée comme une pratique de purification, qui permet de se nettoyer la bouche et d’assainir l’haleine. Le prophète Muhammad utilisait le siwak régulièrement et recommandait également son utilisation avant la prière.

Le Musc et l’Ambre dans la culture musulmane

Outre l’importance des eaux de fleurs et des encens, le musc et l’ambre représentent une base importante dans la parfumerie du moyen âge islamique.

Le musc est une substance odorante qui provient de la glande musquée du cerf mâle, du chevrotain ou du castor. Son odeur est puissante et on l’utilise en parfumerie pour ajouter une note animale ou chaleureuse à un parfum.

Le musc est considéré comme un ingrédient luxueux et rare et est souvent utilisé pour les parfums les plus précieux et les plus raffinés. Le musc est également mentionné dans les textes sacrés de l’islam, le prophète Mohammed est connu pour avoir utilisé du musc pour parfumer sa barbe et ses cheveux.

L’ambre gris, quant à lui, est une est une substance organique provenant du cachalot, souvent utilisée en parfumerie pour ajouter une note chaude et animaleà un parfum et pour lui apporter une longue tenue. Les savants musulmans ont écrit des traités sur l’ambre et ont discuté de ses propriétés médicinales et de son utilisation en parfumerie.

La place des attars et du layering dans la culture musulmane

Un attar, également appelé ittar, est un type de parfum naturel traditionnel originaire de la culture indienne et largement utilisé dans la culture musulmane. Il est fabriqué à partir d’huiles essentielles naturelles, principalement extraites de plantes, de fleurs, et d’autres matières naturelles que l’on ajoute à une huile essentielle de “base”, traditionnellement de l’huile  de bois de santal .

L’attar est fabriqué à partir d’un processus de distillation à la vapeur d’eau, ou aux solvants volatils (pour les matières plus délicates), dans lequel les huiles essentielles sont extraites des matières premières naturelles. Le résultat est un parfum naturel pur et concentré.

L’utilisation de l’attar est très répandue dans la culture musulmane, où il est souvent utilisé pour des occasions spéciales telles que les célébrations de mariage et d’autres événements religieux. Il est également utilisé à des fins médicinales, car les huiles essentielles naturelles utilisées dans sa fabrication auraient des propriétés curatives.

Le layering, c’est-à-dire la superposition de différentes fragrances (fumigations, huiles, attar, parfum), pour créer un parfum unique, est courant dans la culture musulmane. Cependant, il est important de noter que le layering de l’attar est pratiqué avec précaution et avec parcimonie pour ne pas déranger les autres. 

En effet, les enseignements de l’Islam recommandent la modération et la simplicité dans tous les aspects de la vie, y compris dans l’utilisation de parfums.

On l’a vu, le parfum a une place importante dans le quotidien de la vie des musulmans. 

Le Prophète a dit : « Allah est Bon et aime le parfum, Propre et aime la propreté, Généreux et aime la générosité, Munificent et aime la munificence« 2

Envie d’en savoir plus sur le rôle du parfum dans les différentes époques et cultures ? Découvrez notre Pocket quiz Master Parfums, pour challenger vos connaissances olfactives en vous amusant ! 

1 – tiré de « L’Authentique de la médecine prophétique » de Ibn al-Qayyim, pages 221/222

2 – Sahih In Khuzaymah n°1761

Le terme « Petrichor » fait référence à l’odeur caractéristique de la terre après la pluie. C’est un phénomène complexe qui dégage une odeur fraîche et terreuse souvent associée à la nature. Comment le Petrichor se crée ? Comment les parfumeurs mettent-il en avant cette odeur ?

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Qu’est ce que le Petrichor ?

Le terme « Petrichor » a été inventé en 1964 par  Isabel Joy Bear et Richard Grenfell Thomas, tous deux minéralogistes australiens. Ils ont combiné les mots grecs « petra », désignant la pierre, et « ichor » correspondant au sang des dieux dans la mythologie grecque. Le terme Petrichor fait référence à l’odeur caractéristique de la terre après la pluie. C’est une combinaison de composés organiques volatils libérés par les plantes, les bactéries et les champignons lorsqu’ils sont mouillés par la pluie frappant le sol sec.

Le Petrichor fait référence à plusieurs éléments :  

L’huile végétale

Le premier concerne le liquide huileux secrété par les végétaux et qui permet de protéger les graines et les racines des plantes en les enrobant. En effet, grâce à cette huile végétale les plantes renforcent leurs défenses naturelles et résistent mieux aux périodes de sécheresse. Ce liquide est absorbé par les sols, et lors du choc thermique de la goutte de pluie fraîche tombant sur le sol sec et chaud, une réaction se produit. 

La géosmine

Le second phénomène concerne la géosmine, une molécule volatile produite par des bactéries du sol, les actinomycètes, quand elles se reproduisent. Les humains peuvent la détecter à des concentrations très faibles, ce qui signifie que même une petite quantité de géosmine peut donner une odeur très forte. 

Elle a une odeur très particulière, un peu comme de la terre mouillée ou de la terre fraîchement retournée. Bien que certains puissent trouver l’odeur de la géosmine désagréable, elle est en fait très importante pour l’environnement. Elle joue un rôle important dans la régulation de la croissance des plantes et dans la nutrition des animaux qui vivent dans les lacs et les rivières.

Lorsque le liquide huileux végétal entre en contact avec la géosmine, les deux odeurs peuvent se mélanger pour créer une odeur unique qui est souvent décrite comme étant très agréable et apaisante. Cette odeur est souvent associée à la fraîcheur et à la nature.

L’ozone

Pendant les orages, les éclairs produisent de l’ozone, qui peut rester dans l’air après l’orage, donnant une odeur fraîche et distinctive à l’air, chargée en ions négatifs. Ces ions peuvent se combiner avec des particules dans l’air, pour former des aérosols. Les molécules combinées de Petrichor en sont d’autant plus transportées dans l’air humide. 

Anne-Laure, créatrice du jeu Master Parfums, vous en dit plus dans une vidéo dédiée

Pourquoi le Petrichor est-il si agréable ?

Il semblerait qu’il y ait très peu de gens qui n’aiment pas le Petrichor. Selon certains anthropologues, ce biais cognitif positif lié au Petrichor peut être en rapport avec à notre évolution. Au début de l’humanité, nous dépendions de la pluie pour assurer la croissance des cultures et la survie de la communauté. Lorsque la pluie tombait, c’était donc souvent une bonne nouvelle, et l’odeur de la pluie sur le sol sec pouvait évoquer des sentiments de soulagement et de joie.

De plus, dans de nombreuses cultures, la pluie est souvent considérée comme un symbole de fertilité et de renouveau. L’odeur du Petrichor peut donc également être associée à ces idées positives et être considérée comme un signe de bon augure.

En effet, c’est la pluie qui enrichit la faune et la flore. Il est donc normal que notre conscience collective associe le Petrichor à des événements positifs et l’interprète comme une odeur agréable.

La note de Petrichor en parfumerie

On l’a vu, Le Petrichor est l’odeur agréable qui se dégage de la terre après la pluie. 

En parfumerie, le Petrichor peut être utilisé pour ajouter une note naturelle et terreuse à un parfum.

Cependant, le Petrichor n’est pas souvent utilisé tel quel en parfumerie, car il est difficile de capturer cette odeur complexe. Au lieu de cela, les parfumeurs utilisent souvent des ingrédients synthétiques pour recréer l’odeur du Petrichor. Ces ingrédients peuvent inclure des notes de terre, de mousse, de bois et de feuillage.

Le Petrichor peut également être utilisé comme inspiration pour la création de parfums qui évoquent la pluie et les paysages après une averse. Ces parfums peuvent inclure des notes de plantes fraîches, de pétales de fleurs mouillées, de feuilles de thé et d’autres ingrédients qui évoquent une ambiance humide et rafraîchissante.

Le Petrichor peut également être utilisé comme une note de fond ou une facette subtile dans un parfum plus complexe. Il peut ajouter une profondeur et une dimension supplémentaire à un parfum, en particulier s’il est associé à d’autres matières premières naturelles telles que des huiles essentielles de plantes et de fleurs.

En termes de famille olfactive, le Petrichor est souvent décrit comme ayant des notes terreuses, minérales, végétales et musquées. Cependant, il n’y a pas de famille olfactive spécifique qui corresponde exactement à l’odeur du Petrichor.

En général, les parfums qui contiennent des notes terreuses et minérales, comme les parfums de la famille des chyprés ou des boisés, peuvent évoquer certaines nuances du Petrichor. 

Quelques références de parfums avec la note de Petrichor

Il existe plusieurs parfums qui contiennent la note de Petrichor ou qui s’en inspirent. Voici quelques exemples :

Ces parfums peuvent varier considérablement en termes de notes et d’intensité, mais tous cherchent à capturer l’essence de l’odeur de la pluie et du Petrichor.

Le Petrichor est une note olfactive intéressante et unique qui peut être utilisée de différentes manières en parfumerie. Qu’il soit utilisé tel quel ou comme inspiration, il ajoute une touche de nature et de fraîcheur à n’importe quelle fragrance.

Les matières premières sont des ingrédients clés dans la composition des parfums, qu’elles soient naturelles, obtenues par diverses méthodes d’extraction, ou synthétiques. Le compositeur-parfumeur les sélectionne pour leurs qualités olfactives et les combine pour créer des fragrances uniques et durables. 

Les matières premières naturelles végétales

Les matières premières naturelles en parfumerie sont des ingrédients obtenus à partir de végétaux.

Les plantes sont la première source des matières premières naturelles utilisées dans la composition des parfums : fleurs, tige, bois, fruits, feuilles, racines, graines… tout est utilisable et les méthodes d’extraction varient.

Les différents procédés d’extraction des matières premières naturelles

Diverses techniques sont utilisées pour capter de la meilleure façon l’essence de chaque matière.

Pour le Nature print, au lieu d’une cloche, on utilise une seringue pour capturer  les substances odorantes.

En plus d’être écologique ( le CO2 est recyclé) et respectueux de la matière, ce procédé innovant  permet d’obtenir des extraits d’une qualité et d’une pureté exceptionnelles. 

Chacune de ces techniques a ses avantages et ses inconvénients en termes de coût, de qualité et de quantité d’huile produite. 

Les sourceurs de matières premières

Le métier de sourceur en parfumerie consiste à trouver et à fournir des matières premières de qualité pour les parfumeurs. 

Cela consiste à établir des relations avec des fournisseurs de matières premières, à évaluer la qualité et la stabilité des matières premières, à négocier les prix et à garantir la conformité réglementaire des matières premières. Les sourceurs doivent également être en mesure de trouver des matières premières rares et difficiles à trouver pour les parfumeurs.

Les sourceurs ont une connaissance approfondie des matières premières en parfumerie, ainsi que des processus d’extraction et de transformation des matières premières. Ils doivent également être familiers avec les réglementations en matière de qualité et de sécurité pour les matières premières utilisées dans la parfumerie.

Un sourceur capable de travailler en étroite collaboration avec les parfumeurs pour comprendre leurs besoins en matières premières et pour les aider à trouver les ingrédients les plus appropriés pour leur projet.

En résumé, le métier de sourceur en parfumerie est un rôle clé pour les parfumeurs et les fabricants de parfums. 

Les matières premières naturelles animales

Les matières premières d’origine animale sont utilisées pour leurs caractéristiques odorantes depuis des centaines d’années. Elles sont généralement utilisées comme fixateur, que l’on retrouve en notes de fond dans les compositions des parfums.

Le musc animal provient d’une sécrétion sexuelle produite par le chevrotin porte-musc ou daim musqué d’Himalaya mâle, pendant la période de rut. On le trouve dans une poche cachée sous le ventre de l’animal. 

Obtenue généralement en abattant l’animal, l’utilisation de cette matière première est interdite depuis 1979.

La civette, ajoute une note animale, musquée à un parfum. Elle est obtenue à partir de la glande péri-anale de l’animal, un petit mammifère, sorte de petit chat sauvage, rencontré en Afrique (Ethiopie) et en Asie. La production de ce musc de civette implique souvent l’enfermement de civettes en captivité et la récolte régulière de leurs glandes, ce qui peut causer de la douleur et de l’inconfort pour les animaux.

Le castoréum est une sécrétion huileuse et odorante issue de glandes péri-anales du castor, lui servant à marquer son territoire et à imperméabiliser son pelage. Son odeur forte de prime abord, peut être douce, cuirée et suave lorsqu’elle est traitée. Cette matière première très prisée implique souvent la chasse au castor pour obtenir cette substance, ce qui cause, au même titre que le musc et la civette,  des préoccupations éthiques. 

L’ambre gris est utilisé en parfumerie pour ajouter une note marine, animale,  ambrée et  tabacée  à un parfum. Il s’agit d’une concrétion intestinale due à une  irritation provoquée par les e mollusques mal digérés par l’animal. La baleine expulse naturellement cette substance par son système digestif.

Cette matière première va flotter sur la mer et au contact du soleil et du sel va sécher et finalement échouer  sur les plages oú cette sorte de pierre cireuse sera récoltée. Il est généralement soumis à un processus de nettoyage et de purification pour éliminer les impuretés et obtenir une substance pure et utilisable en parfumerie.

En raison de sa rareté et de sa complexité de formation, l’ambre gris est précieux et donc très onéreux.

La cire d’abeille, également utilisée comme fixateur, apporte au parfum ses notes chaudes, rondes, miellées qui peuvent aussi exhaler des facettes cuir ou tabac. 

La plupart de ces matières premières sont aujourd’hui controversées en raison de préoccupations éthiques et environnementales. Les alternatives synthétiques sont souvent utilisées pour remplacer ces ingrédients.

Les matières premières synthétiques

Les produits synthétiques, quant à eux, sont fabriqués en laboratoire à partir de molécules d’origine naturelle ou synthétique. Ils sont utilisés pour renforcer les fragrances naturelles, leur donner du relief, et pour imiter les arômes naturels difficiles à obtenir.

L’histoire des matières premières synthétiques en parfumerie remonte à la fin du XIXe siècle, lorsque pendant la révolution industrielle, les scientifiques français Paul Parquet et Georges Darzens ont commencé à synthétiser des molécules odorantes en laboratoire. Avant cela, les parfumeurs utilisaient exclusivement des matières premières naturelles pour créer des fragrances. Cependant, ces matières premières étaient coûteuses, rares et parfois difficiles à obtenir en quantité suffisante.

Le choix de la création de matières premières synthétiques s’inscrit également dans une dynamique d’innovation. Il ne s’agit pas seulement de reproduire des odeurs naturelles déjà existantes, mais aussi de créer de nouvelles odeurs rendant les parfums uniques.

Pour citer quelques exemples, c’est le cas des aldéhydes donnant une odeur métallique et savonneuse à la composition du parfum et permettant d’illuminer un bouquet. Utilisé pour la première fois dans  Le parfumeur, Ernest Beaux ose l’utiliser pour la première fois en overdose dans le parfum N°5 de Chanel, une prouesse rendant le parfum unique et reconnaissable entre tous. 

La vanilline utilisée par Jacques Guerlain, composant emblématique de Shalimar, et de sa guerlinade, donne des senteurs de vanille gourmande.

Kenzo pour Homme, créé par Christian Mathieu, a cette caractéristique d’intégrer  la calone donnant cette senteur de fraîcheur marine, légèrement aqueuse au parfum.

Bien sûr, on pense à Angel de Mugler, créé par Olivier Cresp qui a la formidable idée d’ajouter de l’ethyl-maltol dans le parfum, avec ses notes addictives de barbe à papa, de caramel et de praline. 

Au fil du temps, les matières premières synthétiques sont devenues de plus en plus populaires en parfumerie, puisqu’elles offrent une plus grande stabilité et une plus grande consistance dans les parfums, ainsi qu’un coût plus abordable par rapport aux matières premières naturelles, même si certaines peuvent être parfois très chères à développer.

Elles permettent également de reproduire les parfums de fleurs muettes (qui ne livrent pas leur essence: ex: muguet, lilas, pivoine…), des matières devenues interdites (matières animales, et substances allergènes). 

Elles évitent aussi la surexploitation des sols et pallient les problèmes de production dûs à des catastrophes écologiques (incendies, inondations, sécheresse….) Et surtout, elles viennent enrichir la palette du parfumeur.

Les normes de sécurité de L’IFRA 

L’IFRA (International Fragrance Association) est une organisation mondiale qui définit les normes de sécurité pour les matières premières en parfumerie. L’IFRA établit des restrictions sur l’utilisation de certaines matières premières en raison de leur potentielle nocivité pour la santé ou pour l’environnement.

Ces restrictions peuvent inclure des limites sur la quantité de matière première qui peut être utilisée dans un produit, des conditions d’utilisation spécifiques ou un interdit total sur l’utilisation de certaines matières premières. Les parfumeurs doivent suivre les normes de l’IFRA pour garantir la sécurité de leurs produits et leur conformité réglementaire.

Il est important de noter que les restrictions de l’IFRA ne sont pas obligatoires, mais les parfumeurs sont encouragés à les suivre pour garantir la sécurité de leurs produits et leur conformité aux réglementations en vigueur. Les parfumeurs peuvent également choisir de suivre des normes plus strictes que celles de l’IFRA pour garantir la sécurité de leurs produits.

Naturelle ou synthétique, chaque matière première ajoute une note distincte au parfum final et peut influencer la fragrance en fonction de la quantité utilisée. En fonction des modes, certaines matières premières sont plus prisées que d’autres. L’avènement des matières premières synthétiques donne une infinité de possibilité de compositions olfactives, pour notre plus grand bonheur ! 

Le métier de compositeur-parfumeur est avant tout celui d’un artiste d’une grande sensibilité, mais pas seulement. C’est également un technicien maîtrisant la chimie des molécules que compose une fragrance. 

C’est l’alliance entre créativité, science et émotion au service d’un noble métier.

Comment devenir parfumeur ? Quel est le cursus de formation nécessaire ? 

Master Parfums vous dit tout !

Artiste et technicien des fragrances

Le compositeur-parfumeur est un artiste, un créateur qui conçoit des fragrances tant pour élaborer des parfums de peau, que des parfums d’intérieur, d’arôme alimentaire ou de produits ménagers.

Il va dans un premier temps réfléchir à la structure de la composition du parfum et au choix des matières premières qui seront utilisées dans celui-ci. Le compositeur-parfumeur maîtrise l’art de la symbiose des molécules qui compose chaque matière première. Cette expertise s’accompagne inévitablement d’un esprit créatif dont la sensibilité mène à une alchimie unique.

Notons que le Parfumeur est communément appelé Nez. Terme assez simpliste et réducteur, puisque le métier ne se résume pas à une fonction sensorielle mais bien à la symbiose de multiples qualités et compétences intrinsèquement indissociables. En fait,  tout comme l’oreille du musicien, son nez est avant tout un outil de contrôle et d’apprentissage. Pour en savoir plus sur le métier de compositeur parfumeur, n’hésitez pas à jeter un œil à notre vidéo dédiée !

Les compétences du compositeur-parfumeur

Un odorat développé et une mémoire olfactive hors pair

Avoir un sens de l’odorat développé est un atout, et la capacité à mémoriser les odeurs est fondamentale et indispensable pour être Parfumeur.  Il existe des centaines de matières premières de base qu’un parfumeur doit connaître par cœur, et donc être capable de les identifier en les sentant. Le parfumeur aguerri peut reconnaître non seulement une matière première, mais  il peut également identifier son origine, son lieu de production, et le type de matériel utilisé pour son extraction! 

Les plus grands parfumeurs peuvent mémoriser jusqu’à 3000 odeurs ! Pour devenir un expert, de longues années d’expérience et de formation sont nécessaires, néanmoins, le parfumeur se doit de s’exercer continuellement tout au long de sa vie professionnelle pour entretenir sa mémoire olfactive.

Un entraînement intensif des parfumeurs se traduit par une augmentation des zones cérébrales liées à l’olfaction (cortex piriforme et cortex orbito-frontal). Avec l’expertise, les parfumeurs développent une capacité élevée à manipuler mentalement des odeurs. Ils peuvent les sentir mentalement et imaginer ce que pourraient sentir différentes compositions. Ce sont ensuite les essais qui permettront au parfumeur de corroborer leur intuition et de peaufiner leur création.

Un sens artistique et de la créativité 

Pour qu’un parfum touche la sensibilité du client, il est impératif de savoir développer une intelligence émotionnelle afin de proposer une expérience olfactive pertinente. Parfois l’objectif est de créer de la nouveauté, de l’originalité, d’aller chercher des matières premières insolites ou jamais utilisées permettant de proposer un parfum unique, tout en étant universel. 

L’enjeu est délicat puisque le parfumeur  ne doit pas se limiter à ses goûts personnels. Développer son sens artistique permet de rechercher sans cesse de nouvelles idées, parfois loin des préférences du parfumeur.

Devenir parfumeur est un métier qui prend du temps et la patience est un autre atout indispensable. Il doit constamment être en veille d’un point de vue socio-culturel pour s’assurer de toujours présenter des fragrances en symbiose avec les attentes des consommateurs.

Les compétences techniques du parfumeur

En général, de solides connaissances en chimie sont nécessaires pour maîtriser et manier les molécules des essences et autres absolues que composent les matières premières qu’elles soient naturelles ou synthétiques.

Pour les parfumeurs qui travaillent dans les maisons de composition (voir paragraphe plus bas), savoir travailler en équipe est une qualification également nécessaire. En effet, dans ces sociétés, le parfumeur ne développe pas le parfum seul devant son orgue à parfums. Toute une équipe composée du marketing, de l’évaluateur, des assistants, gravite autour et il est indispensable d’être à l’aise avec cet esprit de partage. Beaucoup de parfums sont aussi le fruit de l’alliance de plusieurs parfumeurs.

Etudes et formations pour devenir parfumeur

Il existe très peu d’écoles de parfumerie menant strictement à ce métier. Quelques maisons de compositions ont leur propre école interne (Givaudan, IFF, Firmenich) mais les entrées sont limitées et très sélectives. 

On peut aussi devenir parfumeur par le biais de formations visant à acquérir des bases solides en chimie, créativité et marketing.

Outre les parfumeurs de parfumerie fine, ces écoles forment aussi des parfumeurs qui seront spécialisés dans la parfumerie fonctionnelle (cosmétique, savons, gel douche, shampoings, détergents), et les arômes alimentaires, ainsi que des évaluateurs.

L’ESP (École Supérieure du parfum) à Paris et à Grasse, propose des admissions en 1ère année post-bac sur dossier, ainsi qu’en 2ème année après une Licence 2 ou 3 en chimie, biologie, mathématiques…).

L‘ISIPCA ( Institut Supérieur International du Parfum, de la Cosmétique , et de l’Aromatique) situé à Versailles, propose diverses formations autour des métiers de la parfumerie post-bac ou plus. 

Le GIP (Grasse Institute of Perfumery) offre diverses formations aussi à Grasse, et dans plusieurs autres villes du monde et en ligne

D’autres centres de créations et de formations en parfumerie comme Cinquième Sens proposent des formations complètes sur plusieurs modules. 

The Perfumery Art School, créée par la parfumeure Isabelle Gellé, permet de se former online au métier de parfumeur indépendant en manipulant uniquement des matières premières naturelles. Une approche artistique de la parfumerie, sans nécessité d’une expertise en chimie.

En plus des diplômes et formations, l’expérience reste fondamentale. C’est en s’exerçant continuellement que le parfumeur parvient à devenir un expert reconnu dans le monde très fermé et sélectif de la parfumerie.

Parfumeurs célèbres et maisons de composition

Peu nombreux sont les parfumeurs qui ont l’avantage de créer des parfums, parfois des collections entières, au sein même de grandes maisons. On peut citer Mathilde Laurent pour Cartier, Christine Nagel, ayant pris la suite de Jean-Claude Ellena pour Hermès, Olivier Polge ayant pris la suite de son père Jacques Polge pour Chanel, ou encore Thierry Wasser pour Guerlain, Francis Kurkdjian ayant pris la suite de François Demanchy pour Dior.

La plupart des créateurs de parfums sont salariés dans des sociétés de composition et productrices de matières premières naturelles et synthétiques. Ce sont ces sociétés qui outre le sourcing des matières de parfumerie et la création de nouveaux accords, fournissent les services de composition de parfum  aux différentes marques : Givaudan (anciennement Roure), IFF, Firmenich, Symrise, Mane, Robertet…

On trouve aussi aujourd’hui des sociétés ou agence de création de parfum uniquement  dont les parfumeurs peuvent exprimer leurs talents pour des marques (souvent plus confidentielles) comme par exemple, Maelström, Flair, ou Accord et Parfums.

Notons aussi que la mise en avant des parfumeurs, qui jusque là étaient considérés comme des travailleurs de l’ombre, a été possible et démocratisée grâce à Frédéric Malle qui, en créant sa maison de parfum Les Editions Frédéric Malle en 2000, propose non seulement  une collection de parfums d’une qualité reconnue, mais va aussi jusqu’à écrire le nom du parfumeur sur le flacon des fragrances pour donner encore plus de cachet à sa collection. La reconnaissance du Parfumeur est dorénavant officielle vis à vis du consommateur. La jeune marque Essential Parfums met aussi en avant sur ses flacons et étuis les créateurs de ses fragrances. 

Par ailleurs, aujourd’hui de plus en plus de parfumeurs s’affranchissent des maisons de compositions pour devenir indépendant et proposer leurs services de création directement aux marques (souvent des marques dîtes de niche, plus confidentielles).

D’autres ont même créé leur propre marque oú ils peuvent exprimer leur art sans contrainte: Jean-Claude Ellena et sa fille Céline qui avaient lancé The Different Company, Akro par Olivier Cresp,  Maison Jean-Michel Duriez, Parle-moi de parfum par Michel Almairac, Maison Francis Kurkdjian, Voyages Imaginaires par Isabelle Doyen et Camille Goutal, Pierre-Guillaume Parfums, Thierry Bernard et ses amis parfumeurs pour Parfumeurs du Monde…

Notre jeu olfactif Master Parfums rend hommage aux grands parfumeurs dans une série de questions qui vous plongent au cœur de l’histoire et de la culture parfum ! Découvrez-le juste ici

Quelques parfums remarquables et leur créateurs