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Dans  la catégorie des encens, la myrrhe et l’oliban sont les plus connus, tant pour leurs propriétés médicinales que pour toute la légende et les aspects religieux associés.

Mais d’où viennent ces morceaux de résines, et quelle importance ont-elles d’un point de vue spirituel ? Sont-elles utilisées partout dans le monde de la même façon ?

Dans notre jeu Master Parfums, une carte quizz est dédiée à ces résines si particulières. Aujourd’hui, nous creusons pour vous l’origine et les mystères de ces encens !

Myrrhe et Oliban, origines botaniques

L’oliban

La résine de l’oliban, que l’on appelle communément “encens”,  est tirée du Boswellia, un petit arbre que l’on trouve au  nord-est de l’Afrique ou sur la péninsule Arabique.  Elle est obtenue en taillant l’écorce de l’arbre permettant à la sève de couler. En séchant, elle devient blanchâtre et opaque, durcit devenant une gomme solide, un exsudat. C’est l’oliban, que l’on appelle aussi « Larmes de Somalie ».

L’oliban (Boswellia Serrata) est originaire d’Inde mais se trouve également au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Sa résine est utilisée depuis des milliers d’années en Inde, en Chine et dans divers pays d’Afrique pour ses bienfaits sur la santé et ses propriétés médicinales. 

La couleur de cette petite gomme aromatique varie selon la saison à laquelle elle est récoltée. Le boswellia incisé en été et récolté en automne donne la plus belle qualité d’encens. De couleur laiteuse, on l’appelle l’encens blanc, ou olibanum, par opposition à l’encens roux. 

L’oliban révèle des tonalités à la fois fraîches, aromatiques, rondes et chaudes, aux facettes balsamiques (résineuse, ambrée), minérales, et boisées sèches. Une matière particulièrement appréciée en parfumerie de niche.

La myrrhe

Arbre à myrrhe en Afrique

C’est principalement en Afrique de l’Est, et particulièrement en Somalie que l’on retrouve le Commiphora Myrrha, un arbre ne dépassant pas 3 mètres de haut d’où l’on tire la myrrhe

Son grand tronc torsadé est recouvert d’une écorce grise ou marron. Très ramifié, de petites feuilles et fleurs y poussent. Des boursouflures se forment sur le tronc, desquelles un suc résineux exsude naturellement. Puis au contact de l’air, il durcit pour créer des solidifications brunes rougeâtres, très odorantes : c’est cette gomme-oléo-résine aromatique que l’on appelle la myrrhe odorante.

Son parfum chaud et balsamique, fait de la myrrhe une matière première de choix dans les notes de fond des parfums orientaux. La myrrhe, gourmande et capiteuse, apporte un côté chaud, doux, sombre et sensuel au parfum.

Histoire et religions

Quels cadeaux les Rois Mages ont-ils offert ?

Mosaïque des Rois Mages dans La basilique de Saint Apollinaire le Neuf à Rome

Selon la tradition, les trois Mages sont venus d’Orient pour rendre hommage à l’enfant Jésus et lui offrir des cadeaux : de l’or, de l’oliban et de la myrrhe. Des présents fortement symboliques : 

Utilisation traditionnelle de la myrrhe et de l’oliban

L’utilisation traditionnelle de l’oliban était de brûler la résine lors de cérémonies religieuses, d’où le nom « encens indien ». Selon la tradition, la fumée de la résine induit un état propice à la prière, à la méditation et à l’expérience spirituelle. Aussi, la fumigation de l’encens est à l’origine du mot parfum, car la fumée montante permettait de communiquer avec les dieux, « Per Fumum »  (à travers la fumée) en latin.

Les Égyptiens utilisaient quotidiennement la myrrhe dans leurs rituels sacrés et pour embaumer leurs pharaons. Au combat, les soldats Grecs en emportaient toujours avec eux car ils savaient qu’il avait des propriétés antiseptiques et anti-inflammatoires. 

Propriétés médicinales, et utilisation dans le monde

L’oliban est un encens dit encens mâle ou encore encens pur. Il était à l’origine considéré comme un puissant anti-inflammatoire qui favorise également la tranquillité et le calme, ce qui peut permettre un sommeil de qualité, détendre le corps et l’esprit. Il purifie également l’atmosphère et élimine l’énergie négative. C’est pourquoi l’oliban est toujours utilisé comme encens par fumigation.

Aujourd’hui, il est souvent utilisé en huile essentielle autant qu’en fumigation et a également de nombreux autres avantages: antiseptique, il favorise la cicatrisation des plaies et stimule les systèmes immunitaires et nerveux. Il est antibactérien, assainit la bouche, soulage les douleurs musculaires ou l’arthrose et aide à lutter contre la dépression saisonnière.

Au Moyen-Orient, la myrrhe est utilisée en médecine traditionnelle arabo-islamique depuis des milliers d’années. Par exemple, elle est utilisée comme agent anti-inflammatoire et pour soulager la douleur des rhumatismes. Elle est préconisée  pour nettoyer les plaies et prévenir la progression de l’infection et de la gangrène lorsqu’une infection est déjà établie.

L’utilisation de la myrrhe en médecine traditionnelle continue également en Inde dans la médecine ayurvédique, notamment pour le traitement des aphtes, des gingivites et des pharyngites. 

En médecine traditionnelle chinoise, la myrrhe est souvent associée à d’autres herbes. Utilisées ensemble, elles traitent les traumatismes, et améliorent la circulation lors de douleurs menstruelles par exemple.

La myrrhe et l’oliban ont traversé le temps et les régions du monde, non seulement pour leurs propriétés médicinales reconnues à travers les siècles, mais également parce que les symboliques spirituelles et religieuses sont grandes, ayant un pouvoir mystique et une aura divine.

Myrrhe et Oliban, matières premières prisées en parfumerie

Par ailleurs, leur utilisation en parfumerie est de plus en plus complexe, et certains parfumeurs n’hésitent pas à les mettre à l’honneur.

Parfums connus avec de l’oliban

L’oliban est utilisée pour révéler ses tonalités boisées, aromatiques, balsamiques, minérales, épicées.

Parfum connus avec de la myrrhe

Son parfum chaud et balsamique fait de la myrrhe une matière première de choix dans les notes de fond des parfums orientaux. La myrrhe, gourmande et capiteuse, apporte un côté chaud, doux, sombre et sensuel au parfum.

De quoi perpétuer l’engouement pour ces résines encore longtemps !

Des « simples » … mais qu’est ce que c’est ?

Depuis l’antiquité, les « simples » sont les plantes utilisées pour leurs vertus médicinales. On leur attribuait des pouvoirs divins. 

Mais c’est au Moyen-âge, que s’organisent dans les couvents et les monastères ce qu’on appelle le jardin des simples.

Le jardin des simples comprend non seulement des plantes médicinales mais également un savant mélange bien ordonné, associées à des plantes aromatiques et condimentaires, qui ont également des vertus dites thérapeutiques.

Ces plantes étaient cultivées par des moines herboristes, qui avaient des connaissances aigues du monde de la pharmacopée, des plantes et leurs vertus médicinales. Le moine herboriste, qui avait étudié les propriétés de toutes ces plantes, était très respecté. Il était à la fois l’apothicaire et le médecin du village. Il prônait l’utilisation des plantes sous forme de poudre, de cataplasme, de tisane et autre décoction pour guérir et purifier. La croyance dans   des vertus protectrices et purificatrices des plantes aromatiques était telle qu’on les brûlait à l’entrée des villages pour éloigner les épidémies comme la peste. 

On appelait ces herbes aromatiques les « simples » pour signifier qu’avec une plante, utilisée seule, on pouvait soigner un mal spécifique.  

Par exemple, la mauve blanche était préconisée pour la toux. L’armoise pour les douleurs menstruelles. Le thym comme antiseptique.   La camomille pour apaiser, la menthe contre les maux de ventre etc..

On parlait de « médecines simples » par opposition aux « médecines composées », prescrivant de mélanger plusieurs plantes sous forme de potions ou d’élixirs.

A l’époque chaque couvent ou monastère avait sa recette secrète. Certaines sont encore utilisées de nos jours comme par exemple l’Eau de Mélisses des Carmes ou la Chartreuse.

La dimension spirituelle du jardin des simples

Jardin des simples de Milly La Forêt

Les plantes fascinent et soignent depuis toujours.

 Pendant longtemps, cette connaissance des propriétés thérapeutiques était chasse gardée des moines qui les utilisaient pour leurs pratiques de la médecine

C’est pourquoi, un « jardin des simples » s’organise de la même manière que dans un monastère ou dans un couvent : avec des espaces thématiques et géométriques, disposés en massifs réguliers, carrés ou rectangles, en buis taillés…

Entre les carrés, des chemins sont aménagés en croix (et ce n’est pas un hasard) pour le passage du jardinier et faciliter le drainage et l’irrigation.

Ces jardins devaient symboliser la perfection indissociable à Dieu. Les références au christianisme sont partout : le buis symbolise l’immortalité, un puits ou une fontaine au centre du jardin symbolise la résurrection, et parfois un banc permettait de s’adonner à la contemplation et à la méditation.

Les plantes aromatiques cultivées et leurs propriétés

On remarque facilement que la culture de ces plantes est revenue au devant de la scène du bien-être. 

En jardins privés ou communautaires, mais également sur les balcons, les français ont développé une appétence pour la création et l’entretien de carrés aromatiques depuis les multiples confinements dus à la pandémie récente. 

Evidemment, c’est devenu un passe temps plutôt qu’une culture à des fins médicinales, cependant, dans l’inconscient collectif, il est toujours bon d’entretenir un bout de nature chez soi, avec un point de vue religieux ou pas !

PlantesPropriétés
La lavandePour un meilleur sommeil
Le romarinStimulant et régulateur du foie
Le thyml’antiseptique contre les rhumes
La mélisseContre les troubles nerveux du sommeil
La saugeContre l’inconfort digestif

Découvrez notre vidéo complète sur le Jardin des Simples !

Les principes de l’aromathérapie

L’aromathérapie est l’utilisation de composés aromatiques, d’huiles essentielles, extraites de plantes, à des fins médicinales. On retrouve, entre autres, les plantes du jardin des simples.

L’aromathérapie est parfois utilisée comme médecine complémentaire ou alternative. Pratiquée à l’origine selon des méthodes traditionnelles, elle représente aujourd’hui une médecine non conventionnelle.

Pourtant, l’aromathérapie est efficace contre certaines infections, et les effets antibactériens et anti-infectieux des huiles essentielles sont aujourd’hui scientifiquement prouvés. Cependant, il est encore difficile d’étudier ses effets de façon claire et précise.

Et en parfumerie alors ?

On peut bien sûr mentionner la célèbre Eau de la reine de Hongrie offerte en 1378 par Charles Quint.   Véritable élixir de jouvence à base d’alcoolat de fleurs de Romarin, qui utilisé en frictions journalières redonna à cette femme de 72 ans sa jeunesse et sa beauté si bien que le roi de Pologne s’en épris et la demanda en mariage ! Réalité ou fiction inventée par un apothicaire malin… ?!

Dans le monde de la parfumerie moderne, les plantes des simples sont associées pour la plupart à la facette olfactive des « aromatiques ». 

C’est l’une des facettes olfactives les plus éloquentes puisque les parfums aromatiques sont composés de tous les aromates bien connus comme la sauge sclarée, les bouquets aromatiques composés de thym, du romarin, et bien entendu de la lavande.

D’un point de vue olfactif ce sont des sensations de fraicheur, de pureté, des senteurs croquantes, vertes, parfois vaporeuses ou encore camphrées, épicées. Certaines sont apaisantes, d’autres dynamisantes.

Pendant très longtemps, c’est le caractère viril qui a souvent été associé aux parfums aromatiques, dits masculins. En effet, la facette aromatique fut introduite en parfumerie dans les après-rasages pour les propriétés antiseptiques et apaisantes de ses ingrédients. C’est donc en toute logique qu’elle est devenue une base classique des parfums masculins. 

Elle est la facette dominante de la famille olfactive Fougère, archétype des parfums masculins depuis la fin du XIXès siècle.

On lui associe le plus souvent ces autres facettes :

Si vous voulez en savoir plus sur les grandes familles olfactives de la parfumerie, on vous recommande notre jeu de culture parfum Pocket Quiz !

Aujourd’hui, nous avons le plaisir de voir se démocratiser les parfums mixtes, non genrés. Cela permet également aux femmes de s’approprier des parfums plus verts et plus aromatiques sans tomber dans les clichés. 

Finalement, ces plantes aromatiques ne sont plus réservées exclusivement aux moines et à la pharmacopée mais aussi dans la parfumerie moderne… pour notre plus grand plaisir !

Saviez-vous que le monde du parfum est lié à la mythologie Hindoue ? En effet, tout comme dans de nombreuses religions polythéistes vénérant plusieurs divinités, l’hindouisme est très connecté au monde végétal et à la nature dans sa globalité.

Certains mythes et légendes ont inspiré le monde du parfum. Si vous suivez le jeu Master Parfums sur Instagram ou Facebook, peut-être avez-vous déjà vu la vidéo sur cette question qui concerne une légende indienne.

Dans la mythologie Hindoue, comment Kush, fils de Rama, est-il nommé ?

Connaissez-vous la réponse à cette question ? Sur cette carte de Master Parfums de niveau expert, trois alternatives sont proposées :

Découvrez sans plus tarder la réponse ainsi que la référence à une belle légende indienne, et découvrez de nombreuses autres questions au sein de notre Pocket Quiz et de notre Livre-jeu olfactif.

Découvrez l’histoire de Kush, le fils du Vétiver

Alors que Sita, la femme du roi Rama, était enceinte, elle fut contrainte à l’exil. Elle trouva refuge dans l’ashram du sage Valmiki.

Elle y donne naissance à un garçon. Quelques années plus tard, se rendant en forêt pour chercher du bois, elle confie son enfant à Valmiki. Mais le jeune garçon s’échappe, profitant de l’inattention de Valmiki qui était en train de faire ses prières, pour retrouver sa mère dans la forêt. 

Valmiki, se rendant compte de l’absence de l’enfant, décide d’attraper des racines de Vétiver, aussi appelées “kush grass”, pour créer un clone de ce dernier en chantant des mantras.

Sita, ayant été rejointe par son fils, revient au sanctuaire et y découvre alors le second garçon. Elle décide de le garder et de l’élever comme le sien. Son nom, Kush, vient du nom de l’herbe qui a servi à le concevoir. 

Voilà pourquoi Kush est aussi nommé “le fils du Vétiver”. Aviez-vous trouvé la bonne réponse ?

La variante de l’histoire de cette légende indienne

Comme souvent dans les histoires de la mythologie Hindoue, il existe des variantes. L’une d’elles raconte que Sita a en réalité donné naissance à des jumeaux au sanctuaire de Valmiki.

Pour les bénir, ce dernier aurait alors saisi une tige de Vétiver qu’il coupa en deux. Un des jumeaux fut béni avec le haut de la feuille (Kush), et le deuxième avec le bas de la feuille (Luv). C’est ce qui aurait inspiré leurs prénoms respectifs.

Pour en savoir plus, découvrez notre vidéo à ce sujet !

Le vétiver dans la parfumerie aujourd’hui 

Le vétiver est une plante très utilisée dans la religion hindouiste, et est très réputée dans la médecine ayurvédique, notamment pour ses propriétés cicatrisantes. Même s’il vient d’Inde, le vétiver pousse aussi dans plusieurs régions tropicales du monde, les plus réputées pour le vétiver de parfumerie sont Haiti et Java, et à moindre proportion, l’île française de la Réunion.

Ses longues feuilles sont très reconnaissables et peuvent atteindre jusqu’à 2 mètres.Elles servent à  alimenter le bétail et la paille à isoler les maisons.  Les racines peuvent quant à elles atteindre 3 mètres. C’est pourquoi on parle “d’excavation” quand il s’agit de les déterrer.

Le vétiver en parfumerie

racines vetiver parfumerie

Ce sont les racines de vétiver, préalablement séchées, puis distillées que l’on utilise en parfumerie.

Il s’agit d’une belle matière noble et racée, à la fois fraîche et terreuse aux multiples facettes. En fonction de son origine, ses arômes peuvent s’étoffer de nuances plus cuirées (Java), plus agrumes rappelant le pamplemousse ou la rhubarbe, ou encore fruits secs évoquant la cacahuète ou la châtaigne.

Le vétiver dans un parfum est considéré comme une matière aux tonalités masculines, même si de célèbres parfums féminins s’en sont emparés à l’instar de ces parfums des Années Folles comme Habanita par Henri Bénard pour Molinard (sa formule contiendrait plus de 30% de vetiver!), dans Chanel n°5 par Ernest Beaux ou Arpege par Paul Vacher et André Fraysse  pour Lanvin. 

Avant cela, la production mondiale ne représentait qu’une seule tonne. 

A la fin des années 1950 puis dans les années 60, le vétiver fut la senteur tendance et presque toutes les grandes maisons de parfumerie l’adoptèrent. Quelques parfums féminins, continuent de l’utiliser comme Calèche par Guy Robert pour Hermès mais ce sont les premières eaux de toilette pour homme qui, après la lavande dynamisante, prirent d’assaut cette matière synonyme d’élégance.

C’est Carven qui mène la danse en 1957 avec son Vetiver de Carven par Edouard Hache, suivi en 1959 par l’intemporel Vétiver de Guerlain par Jean-Paul Guerlain.

1970 fut l’année de sa consécration puisque 250 tonnes furent produites.

Le vétiver est aujourd’hui une des odeurs emblématiques parmi les parfums boisés que l’on retrouve dans le commerce. 

S’il est une matière iconique très utilisée dans de nombreux parfums dits “mainstream”,  certaines marques de parfumerie alternative (“niche”)  le mettent à l’honneur  en matière fétiche.  

Mes petits préférés sont:  

Pour un vétiver aux accents plus frais/cologne :  

L’huile essentielle de vétiver

L’huile essentielle de vétiver, en plus d’être utilisée dans le monde de la parfumerie, possède des vertus pour le bien-être physique et mental.

Concernant ses bienfaits sur le corps, l’huile essentielle de Vétiver est :

Sur le bien-être, l’huile essentielle de Vétiver possède les propriétés suivantes :

Il était donc impossible pour Master Parfums, de ne pas évoquer le Vétiver dans l’une de ses questions ! Si vous aussi souhaitez tester vos connaissances en parfumerie, découvrez sans plus tarder nos jeux culturels et olfactifs Master Parfums.